05.06.2015 à 21:29

tennisRoland-Garros - Première finale pour Wawrinka, Djokovic et Murray arrêtés par l'orage (PAPIER GENERAL-ACTUALISATION)

Par Cyril BELAUD Paris, 5 juin 2015 (AFP) - Sous une chaleur accablante, Stan Wawrinka a contraint Jo-Wilfried Tsonga à baisser pavillon, comme en 2013 face à David Ferrer, et s'est qualifié vendredi pour sa première finale à Roland-Garros, où il devra attendre samedi pour connaître son adversaire.

Après la première demi-finale jouée sous une chaleur accablante, un violent orage a éclaté en fin de journée, qui a contraint les organisateurs à suspendre la seconde entre Novak Djokovic, N.1 mondial, et Andy Murray (N.3), et à la reporter à samedi (11H00 GMT). Le Serbe, qui avait remporté les deux premiers sets de manière autoritaire, avant de voir Murray réagir dans le troisième set, s'apprêtait à servir dans le quatrième set au moment de l'interruption (6-3, 6-3, 5-7, 3-3). Le rêve de Tsonga de devenir le premier Français depuis Henri Leconte en 1988 à atteindre la finale à Paris s'est lui évaporé. La France attendra encore de trouver un successeur à Yannick Noah, son dernier vainqueur à Roland-Garros et en Grand Chelem, en 1983. Il y a deux ans, Tsonga avait déjà été en demi-finale sur la terre battue parisienne. Mais il était complètement passé à côté de son match et avait été sèchement rappelé à l'ordre par Ferrer (6-1, 7-6 (7/3), 6-2). Cette fois-ci au moins, le N.15 mondial ne pourra pas se dire qu'il a été hors sujet. Il s'est bagarré, vaillamment, mais Wawrinka (N.9) s'est révélé tout simplement un peu plus solide (6-3, 6-7 (1/7), 7-6 (7/3), 6-4). La partie aurait peut-être pu tourner dans un autre sens si Tsonga avait su se montrer plus opportuniste (1 balle de break convertie sur 17). Mais Wawrinka était supérieur sur l'ensemble du match. "C'était difficile physiquement. Il y avait beaucoup d'intensité des deux côtés. Cela aurait pu tourner dans les deux sens. Je suis vraiment heureux de m'en être sorti", a d'ailleurs reconnu le Suisse, vainqueur de Roland-Garros juniors en 2003. Avec cet aveu, Wawrinka a enterré la hache de guerre. La tension avait un peu monté avec Tsonga après sa victoire à l'Open d'Australie en 2014, puis le sacre de la Suisse en finale de la Coupe Davis en novembre dernier. Défait pour la cinquième fois en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem - pour une seule victoire en 2008 à l'Open d'Australie, où il avait été battu par Novak Djokovic en finale -, Tsonga était frustré mais pas trop déçu. "Je n'ai pas beaucoup de regrets", a-t-il avoué. "Je n'ai pas été assez réaliste. Je n'ai pas su saisir les occasions quand elles se sont présentées, donc j'ai logiquement perdu. Sur l'ensemble du match, il a été meilleur que moi." Il considérait aussi d'où il venait. Après la finale de la Coupe Davis, il avait été arrêté pendant quatre mois, pour une blessure au bras droit, et n'avait gagné que trois matches sur terre battue avant d'arriver à Paris. Wawrinka, qui disputera la deuxième finale de sa carrière en Grand Chelem, a fait prévaloir un jeu un peu plus complet que celui de Tsonga et mieux adapté à la terre battue. Pour avoir une chance dimanche, face à Djokovic ou à Murray, le Suisse devra cependant éviter le coup de mou qu'il a connu au milieu du deuxième set dans cette demie. Wawrinka, qui a désormais gagné neuf de ses dix matches joués face à des Français en Grand Chelem, a connu à ce moment là une baisse de réussite vertigineuse au service, qui aurait pu lui coûter cher. Il avait parfaitement commencé en martelant consciencieusement le revers de Tsonga pour s'adjuger le premier set. Le Français avait aussi été en difficulté derrière sa seconde balle (29% de points marqués dans ce set) et en retour. Mais alors qu'il semblait avoir le match sous contrôle (4-2), Wawrinka a vu son pourcentage de premières balles s'effriter de manière inquiétante (31% dans le deuxième set). Relancé, le Français a gagné ce set. Il s'est ensuite procuré six balles de break dans le troisième, sans pouvoir les convertir. La bascule s'est faite dans le tie-break, où Wawrinka a retrouvé son revers au meilleur moment. Tsonga a encore laissé filer quelques occasions dans le quatrième set et n'a pu inverser la tendance, laissant Wawrinka confirmer avec cette victoire que son sacre australien ne tenait pas du hasard. cyb/jgu/tba

(AFP)

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