Justice: Rolf Erb reconnu définitivement coupable d'escroquerie
Publié

JusticeRolf Erb reconnu définitivement coupable d'escroquerie

L'héritier du groupe familial Erb devra purger une peine de sept ans de prison pour escroquerie par métier.

Rolf Erb, photographié en 2012, est définitivement reconnu coupable d'escroquerie.

Rolf Erb, photographié en 2012, est définitivement reconnu coupable d'escroquerie.

ARCHIVES, Keystone

Le Tribunal fédéral (TF) a débouté l'entrepreneur zurichois, qui avait employé 4900 personnes, dont 2900 en Suisse, avant de tomber en faillite.

Agé de 63 ans, Rolf Erb est définitivement reconnu coupable d'escroquerie par métier, de faux dans les titres et de diminution effective de l'actif au préjudice des créanciers. Entre 1998 et 2003, il avait obtenu indûment des crédits à hauteur de plusieurs dizaines, voire centaines de millions de francs.

Tout comme la justice zurichoise, le TF considère que l'entrepreneur avait trompé astucieusement 17 établissements de crédit sur sa situation personnelle et celle des sociétés du groupe. Il avait présenté de faux bilans annuels, comptes consolidés et rapports de révision.

Donations frauduleuses

Par ailleurs, en sa qualité de président du conseil d'administration d'une société de crédit automobile, Rolf Erb avait conclu un contrat-cadre de crédit avec un constructeur automobile pour préfinancer des achats de voitures par des revendeurs actifs en Suisse. Dans ce contexte, il avait simulé un besoin supplémentaire de 38 millions de francs qui a servi au recouvrement de dettes du groupe Erb.

Sur le plan privé, Rolf Erb est coupable d'avoir cédé, avant sa faillite, des biens à sa compagne et à ses deux enfants. Dans le cours de la procédure, ses biens avaient été saisis, notamment le château Eugensberg à Salenstein (TG), ainsi que sa collection de voitures anciennes.

Selon le TF, qui rejette tous les griefs de Rolf Erb, la durée de la procédure menée contre ce dernier, qui a duré une dizaine d'années, n'est pas exagérément longue au vu de la complexité de l'affaire. Les verdicts de culpabilité sont conformes au droit fédéral.

Deuxième plus grande faillite après Swissair

Durant son procès en deuxième instance, le sexagénaire avait mis toute la faute sur son père Hugo qui avait dirigé le groupe Erb jusqu'à son décès, au printemps 2003.

Peu après la mort du patriarche, le groupe Erb, situé à Winterthur, s'était effondré, provoquant la deuxième plus grande faillite de l'histoire économique suisse après celle de Swissair. L'entreprise avait été fondée en 1920 avec la création d'un atelier de réparation à Töss (ZH).

Avant sa déconfiture, le conglomérat regroupait dans quatre holdings pas moins de 82 sociétés et employait 4900 collaborateurs, dont 2900 en Suisse. (6B_462/2014 du 27 août 2015)

(ats)

Votre opinion