Bilinguisme: Romand à Bienne, c'est chouette

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BilinguismeRomand à Bienne, c'est chouette

Après la publication d'une étude affirmant qu'à Bienne 87% des Romands se sentent moins bien traités que les Alémaniques, «Le Matin» a rencontré des bistrotiers francophones heureux.

par
Vincent Donzé
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«La minorité aime se plaindre, mais ça fait du bien d'être confronté à un autre point de vue et de se remettre en question. Dans la vie quotidienne, on prend le meilleur dans les deux cultures et de ce fait, je me sens plus proche d'un Suisse alémanique de Biel-Bienne que d'un Suisse romand du Gros-de-Vaud.»

«La minorité aime se plaindre, mais ça fait du bien d'être confronté à un autre point de vue et de se remettre en question. Dans la vie quotidienne, on prend le meilleur dans les deux cultures et de ce fait, je me sens plus proche d'un Suisse alémanique de Biel-Bienne que d'un Suisse romand du Gros-de-Vaud.»

Le Matin
«Quand les Romands ronchonnent, ce n'est pas toujours à prendre au premier degré. Je ne me sens pas frustré et mes clients non plus! Chacun conserve son identité, mais je reconnais que c'est plus facile à dire quand on est bilingue.»

«Quand les Romands ronchonnent, ce n'est pas toujours à prendre au premier degré. Je ne me sens pas frustré et mes clients non plus! Chacun conserve son identité, mais je reconnais que c'est plus facile à dire quand on est bilingue.»

Le Matin
«Être un Romand de Bienne, j'adore ça! Ma clientèle, c'est du 50-50, si bien que mon café est «Ouvert le Sonntag». Le réflexe antisuisse allemand vient d'une époque révolue. Je m'exprime mal en dialecte, mais mon effort est salué. Quitter Bienne pour Lausanne? Non merci!»

«Être un Romand de Bienne, j'adore ça! Ma clientèle, c'est du 50-50, si bien que mon café est «Ouvert le Sonntag». Le réflexe antisuisse allemand vient d'une époque révolue. Je m'exprime mal en dialecte, mais mon effort est salué. Quitter Bienne pour Lausanne? Non merci!»

Le Matin

Les Romands de Bienne se sentent discriminés. Tel est l'enseignement majeur d'une étude publiée mardi par le Forum du bilinguisme. Pour sa 4e édition du baromètre du bilinguisme, un sondage a été réalisé auprès de 558 internautes (28% de germanophones, 41% de francophones et 31% de bilingues). Mais quelle est l'opinion de la rue? «Le Matin» a consulté quatre tenanciers francophones.

La question: «Être Romand à Bienne, c'est…», Alain Imer répond: «Être Biennois!» Une façon de dire l'identité bilingue prévaut sur la langue maternelle. Vivre à Bienne quand on est Romand, est-ce compliqué? «Il est révolu le temps où on disait qu'un Romand était un Suisse alémanique qui parle français», assure le copropriétaire du Bar Dan'Ton-Ku.

Pourquoi les Romands se plaignent-ils si tout est parfait? «Râler, c'est un sport qui amuse la galerie», constate Alain Imer. Ce que le patron et son client admettent, c'est que dans les milieux économiques et commerciaux, être Romand est un désavantage: «Dans un magasin ou à un guichet, on peut tomber sur un employé qui ne parle qu'en allemand, mais quelqu'un qui ne sait que le français ne sera jamais engagé», disent-ils.

Déménager serait une perte

Pour tous les tenanciers romands rencontrés hier, vivre à Lausanne ou à Genève ne serait pas perçu comme un gain, mais comme une perte: «Le bilinguisme, c'est un enrichissement formidable», disent-ils.

À l'Atomic, où les journaux sont aussi nombreux en français qu'en allemand, René Triponez constate que les Alémaniques s'asseyent sur un banc tandis que les Romands sont debout au comptoir. Mais des conflits linguistiques, il n'en a jamais vu: «Quand les Romands râlent, c'est sur le ton de la rigolade», affirme-t-il.

«Je ne me sens pas frustré en étant Romand à Bienne», reprend René «Guitol» Triponez. Moins bilingue, Belgi Bussolo n'en est pas moins fan du bilinguisme, au point d'imprimer sur ses banderoles «Ouvert le Sonntag». «J'aime la mentalité bilingue et je constate que les Suisses alémaniques font plus d'efforts», glisse-t-il entre deux clients.

À L'Instant d'Après, le patron, Claude von Gunten, évoque une «très bonne collaboration» entre les deux communautés: «Une ville en deux langues, ce n'est pas si compliqué.» «C'est quand ça devient sérieux que les Romands peuvent se plaindre», résume Alain Imer. Une mauvaise traduction, comme «surveillance de caméras», ça fait plutôt rire ses clients. Ces derniers constatent aussi qu'à la Migros d'en face, «il n'y a que la prévention contre le vol qui est traduite en français».

L'édito: Barjaquer à Bienne et partout ailleurs

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