Coronavirus: Rome se prépare à une dette et un déficit abyssaux
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CoronavirusRome se prépare à une dette et un déficit abyssaux

La troisième économie de la zone euro va connaître une lourde récession cette année, avec une chute de son PIB de 8%. Le déficit public va grimper à 10,4% du PIB.

Le déconfinement dans la péninsule devrait se faire en quatre étapes. Le 18 mai, les bars et restaurants pourraient rouvrir, moyennant des systèmes de protection.

Le déconfinement dans la péninsule devrait se faire en quatre étapes. Le 18 mai, les bars et restaurants pourraient rouvrir, moyennant des systèmes de protection.

Keystone

Economie à l'arrêt, dépenses publiques en forte hausse pour soutenir les entreprises et ménages... l'épidémie de coronavirus va porter la dette et le déficit publics de l'Italie à des niveaux vertigineux.

Selon le nouveau document de loi de finances, adopté vendredi en conseil des ministres et qui sera soumis au Parlement, la troisième économie de la zone euro va connaître une lourde récession cette année, avec une chute de son Produit intérieur brut (PIB) de 8%.

Conséquence: le déficit public va grimper à 10,4% du PIB, contre 2,2% anticipé avant l'éclatement de la pandémie et 1,6% enregistré en 2019. La dette publique devrait elle bondir à 155,7% du PIB cette année, contre 135,2% prévu avant l'épidémie, et 134,8% enregistré en 2019.

Amélioration en 2021

La situation devrait néanmoins s'améliorer l'année prochaine. Rome table ainsi sur un retour à la croissance, avec un rebond de 4,7% du PIB, et une baisse du déficit à 5,7% et de la dette publique à 152,7%, des niveaux néanmoins extrêmement élevés.

La Commission européenne a suspendu les règles de discipline budgétaire, et donc la fameuse règle des déficits publics inférieurs à 3% du PIB, afin que les Etats membres puissent faire face aux conséquences du virus et éviter faillites et licenciements.

La dette italienne, qui s'élève déjà à plus de 2.400 milliards d'euros, est une source d'inquiétude, et vendredi soir, l'agence Standard & Poor's pourrait publier la révision de sa note. Elle la classe actuellement à BBB, soit deux crans au-dessus de la catégorie spéculative, tandis que Moody's la note «Baa3», juste au-dessus de la catégorie «junk».

Selon Franklin Pichard, le directeur général de Kiplink Finance, S&P «pourrait dégrader la note à BBB- accompagnée d'une perspective négative, soit un cran seulement au-dessus de la bascule». Si la descente en catégorie «spéculative» n'est pas pour vendredi, elle semble «presque inévitable», a écrit pour sa part début avril Commerzbank dans une note d'analyste.

«Quatre lundis»

Ces déclassements sont redoutés par les pays, car ils entraînent un renchérissement des coûts d'emprunt. La pandémie, et les mesures de confinement prises pour tenter de la juguler, ont mis à l'arrêt l'économie italienne, alors que la péninsule est le pays européen le plus touché, avec près de 26'000 morts pour presque 193'000 cas.

Le déconfinement dans la péninsule devrait se faire en quatre étapes, dont la première pourrait débuter dès lundi, prévoient les médias, même si le gouvernement n'a encore rien annoncé officiellement. «Ce sont quatre lundis qui vont rythmer la réouverture» du pays à l'issue du confinement instauré le 9 mars, selon le quotidien «Il Corriere della Sera».

«Tout dépendra de la courbe des contagions», mais si celle-ci n'augmente pas, «les usines de machines agricoles et pour la sylviculture pourraient rouvrir le 27 avril», puis le «4 mai, ce seront les chantiers et l'industrie du textile et de la mode», suivis le lundi suivant, le 11 mai, par «des magasins d'habillement et de chaussures, ainsi que d'autres commerces». Le quatrième lundi de cette liste, le 18 mai, ce serait le tour des bars, restaurants et coiffeurs, selon la même source.

Restos ouverts fin mai?

D'autres journaux évoquaient un rythme semblable, mais situaient l'ouverture des bars et restaurants dans la «seconde quinzaine de mai». Cette réouverture progressive sera de toute façon accompagnée de strictes mesures d'hygiène et de distanciation sociale.

Ainsi dans les magasins ayant une superficie égale ou inférieure à 40 mètres carrés les clients ne seront admis qu'un par un, et dans les autres, ce chiffre sera fonction de la superficie.

Les bars et restaurants devront maintenir la distance d'un mètre minimum entre les clients et privilégier les espaces ouverts à ceux climatisés, la climatisation favorisant la dispersion dans l'air d'éventuels aérosols contagieux.

(AFP)

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