Migrants - Rome veut «une collaboration plus intense» de Tunis et Tripoli
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MigrantsRome veut «une collaboration plus intense» de Tunis et Tripoli

L’Italie, par son président du Conseil, Mario Draghi, espère que les pays de départ de migrants, surtout la Libye et la Tunisie, freineront la pression migratoire cet été.

Des migrants trouvent régulièrement refuge sur les îles italiennes, ici à Lampedusa, ce mercredi 12 mai.

Des migrants trouvent régulièrement refuge sur les îles italiennes, ici à Lampedusa, ce mercredi 12 mai.

Reuters

Face à la recrudescence des arrivées de migrants en provenance des côtes d’Afrique du Nord, le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, a réclamé, mercredi, «une collaboration plus intense» de la part des autorités tunisiennes et libyennes.

«La priorité à court terme est de freiner la pression migratoire pendant l’été. Nous sommes décidés à obtenir des pays de départ des migrants, et en particulier de la Libye et de la Tunisie, une collaboration plus intense et efficace dans le contrôle de leurs frontières terrestres et maritimes», a déclaré Mario Draghi devant les députés italiens.

Trois fois plus qu’en 2020

Entre le 1er janvier et le 11 mai, Rome a vu débarquer, sur les îles de Lampedusa et de Sicile, près de 13’000 personnes parties des côtes nord-africaines, soit trois fois plus qu’en 2020 à la même période, et dix fois plus qu’en 2019, selon les chiffres du gouvernement.

Plus de 2000 migrants sont ainsi arrivés, au cours du week-end dernier, à Lampedusa, une petite île à mi-chemin entre la Sicile et les côtes nord-africaines. «Personne ne doit être abandonné dans les eaux territoriales italiennes», a souligné Mario Draghi, qui prône dans ce domaine une politique «équilibrée, efficace et humaine».

Le chef du gouvernement italien est sous pression de la Ligue (extrême droite), un important partenaire de la coalition gouvernementale, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine son principal cheval de bataille.

Impliquer l’Union européenne

Mario Draghi a également insisté sur la nécessité d’impliquer l’Union européenne dans le règlement de ce problème, notamment à travers la relance des accords de Malte de 2019, qui avaient permis de relocaliser sur une base volontaire des migrants dans une dizaine de pays, dont la France, l’Allemagne, le Portugal, la Roumanie ou la Finlande.

«Un vrai dialogue est en cours avec l’Allemagne et la France pour relancer cette forme de coopération (ndlr: les accords de Malte)», a assuré Mario Draghi. «Notre objectif est le lancement immédiat d’un mécanisme provisoire d’urgence pour la relocalisation des migrants secourus, basé sur les mêmes principes de partage et de solidarité que les accords de Malte.»

«L’Italie ne peut être laissée seule»

Présent au même moment à Rome, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a estimé que «l’Italie ne peut pas être laissée seule». «Dans le passé, l’Allemagne a participé à la relocalisation des réfugiés, nous le ferons encore dans le futur, mais nous nous attendons au même comportement de la part des autres partenaires de l’Union européenne.»

(AFP)

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