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Etats-UnisRongée par une bactérie, elle perd bras et jambes

Des chirurgiens vont greffer des bras à une maman qui les a perdus à cause d'une fasciite nécrosante, une maladie qui a fait 4 autres victimes dans le pays.

par
Laszlo Molnar
Katy Hayes s'amuse avec son nouveau-né après son amputation.

Katy Hayes s'amuse avec son nouveau-né après son amputation.

Keystone

Katy Hayes va recevoir de nouveaux bras. Les siens ont été dévorés par une bactérie mangeuse de chair, responsable d'une maladie appelée fasciite nécrosante ou dermo-hypodermite nécrosante. Une pathologie qu'elle a contractée pendant qu'elle était enceinte de sa fille.

Cette infection, due à différents microbes, est très rare. Aux Etats-Unis, seules quatre autres personnes en souffrent actuellement. Dont Paul Bales et Aimee Copeland, qui ont chacun perdu une jambe après avoir été attaqués par la bactérie Aeromonas hydrophilia. Quant à Bobby Vaughn et Lana Kuykendall, ils ont été victimes d'un streptocoque. Les dizaines de milliers de personnes infectées chaque année par ces microbes – qui peuplent la nature – ne contractent en effet pas forcément la fasciite nécrosante. Cette maladie ne se déclare que si l'une de ces variétés de bactéries s'incruste dans une blessure et produit des enzymes qui dissolvent les muscles en causant des douleurs intenses.

L'infection est difficile à repérer dans un premier temps. On voit d'abord apparaître par exemple des ecchymoses banales, rouges et noires, sur la peau. C'est seulement quand les tissus enflent et que des nécroses apparaissent qu'on peut diagnostiquer qu'il s'agit d'une fasciite nécrosante.

Katy Hayes, une Américaine de 43 ans vivant près de Dallas, au Texas, a été infectée en 2010. Après son accouchement, elle est tombée dans le coma et s'est réveillée un mois plus tard sans ses quatre membres, qui avaient dû être amputés pour stopper la gangrène qui menaçait l'ensemble de son corps.

Prête à tout Depuis, elle vit sur une chaise roulante. «Mais ce n'est pas vraiment une vie», a-t-elle déclaré la semaine dernière à l'Houston Chronicle. Cette maman de trois enfants était donc prête à tout pour retrouver une certaine autonomie. Et à force de persévérance elle a convaincu des médecins d'entreprendre la première greffe simultanée de deux bras aux Etats-Unis.

Katy a pris cette décision en apprenant qu'un paysan allemand, Karl Merk, qui a perdu ses bras au travail, se porte plutôt bien après avoir reçu en 2008 ceux d'un adolescent décédé dans un accident. «Le succès des médecins allemands n'est cependant pas une garantie, rappelle le Dr Andrew Lee, un spécialiste américain de la transplantation. On ignore si la greffe prendra, et de toute manière la mise en place des nerfs pourra prendre deux ans.» Une perspective qui n'effraie pas Katy, qui doit être opérée la semaine prochaine à l'Hôpital Brigham and Women's de Boston: «Je pourrai enfin caresser les cheveux de mes enfants et de mon mari. Je pourrai aussi brosser mes dents, manger de manière indépendante et ne plus me sentir humiliée de ne pas pouvoir aller seule aux toilettes», a-t-elle lancé.

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