07.11.2020 à 09:40

MotocyclismeRossi, le Covid et «l’affaire Yamaha»

Trois GP en trois week-ends pour trois titres: la tension est immense du côté de Valence. Valentino Rossi, après avoir manqué les deux courses en Aragon, prendra le départ samedi matin.

par
Jean-Claude Schertenleib

Vendredi après-midi, Il est arrivé!

Valentino Rossi retrouvera sa Yamaha M1 samedi. 

Valentino Rossi retrouvera sa Yamaha M1 samedi.

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Tel le messie, Valentino Rossi est venu dire bonjour aux siens dans le stand Yamaha du circuit Ricardo Tormo, une fois le résultat de son second test PCR connu. Encore positif mardi, Rossi a subi un nouveau contrôle mercredi, dont le résultat – négatif au Covid – lui est parvenu jeudi en fin de journée.

Le temps d’embarquer dans un vol privé à destination de l’Espagne, Valentino devait effectuer un nouveau contrôle, qui s’est avéré lui aussi négatif. Conséquence: samedi matin, il retrouvera sa Yamaha M1, prêtée l’espace de cette première journée d’essais libres à l’Américain Garrett Gerloff.

Qui n’avait jamais piloté une MotoGP, qui n’avait jamais roulé sur le circuit de Cheste et qui découvrait les pneus Michelin. Et qui, surtout, a fait son job, puisqu’il termine la journée à 1,5 seconde du meilleur temps – Jack Miller et la Ducati -, ce qui est tout simplement bluffant.

Yamaha puni, pas ses pilotes

Franco Morbidelli ne sera verra pas retirer de points au classement des pilotes.

Franco Morbidelli ne sera verra pas retirer de points au classement des pilotes.

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Ainsi, Yamaha Motor Company n’a pas respecté, après le GP d’Espagne, le protocole qui prévoit qu’un constructeur ne peut ouvrir ses moteurs – limités à cinq cette saison et plombés – qu’à condition d’obtenir l’accord unanime de leurs concurrents et d’autoriser ceux-ci... à regarder ce qui se cache dans les entrailles mécaniques. Ce que Yamaha n’a pas fait, évoquant une «mauvaise compréhension du règlement.»

Aux prises avec un problème de soupapes, les pilotes de M1 avaient connu de nombreux soucis lors du premier GP sous la canicule andalouse (casses de Rossi en course, de Morbidelli et Viñales lors des essais). Yamaha a ensuite utilisé des soupapes d’un autre fournisseur, mais des pièces n’étaient pas homologuées.

Décision des commissaires? 50 points sont retirés à Yamaha au classement des marques et respectivement 20 et 37 (là, il y a une erreur de calculs, Messieurs, parce que 25 – la victoire de Quartararo + 11 – la cinquième place de Morbidelli -, cela fait 36!) pour les teams Yamaha MotoGP et Petronas Yamaha SRT au classement des équipes.

Mais aucune sanction pour les pilotes: «Logique, ce ne sont pas eux les responsables», disent certains. «Stupide, s’il y a une violation de la règle, les pilotes en ont bénéficié», répondent d’autres.

En attendant, on s’est amusé à établir le classement général du championnat si les trois pilotes concernés avaient perdu leurs points lors de la première course de Jerez de la Frontera et cela bouleverse pas mal de choses: Joan Mir reste en tête avec 137 points, Dovizioso – qui aurait du même coup remporté le GP d’Espagne! – se serait retrouvé deuxième à 19 longueurs (contre 28 aujourd’hui), Rins serait troisième avec 105 points, Morbidelli quatrième avec 101 devant, ex-aequo, Quartararo et Viñales, avec 98 points, soit 39 de retard sur le leader.

Viñales devra partir des stands

Maverick Vinales devra s’élancer du couloir des stands dimanche.

Maverick Vinales devra s’élancer du couloir des stands dimanche.

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Reste que ce problème de fiabilité a fait une victime: troisième du classement intermédiaire du championnat, à 19 points de Joan Mir, Maverick Viñales a dû puiser dans la réserve pour ces trois dernières courses.

Et le fait de devoir utiliser un sixième moteur est prévu par le règlement: dimanche, l’Espagnol devra s’élancer de la sortie du couloir des stands, derrière tout le monde! Ce qui, en regard de l’équilibre général de la catégorie, va transformer ce GP d’Europe en mission impossible pour le pilote officiel Yamaha.

Un calendrier 2021 très provisoire

Carmelo Ezpeleta, patron de Dorna, espère que la saison 2021 pourra se disputer sans trop d’encombres. 

Carmelo Ezpeleta, patron de Dorna, espère que la saison 2021 pourra se disputer sans trop d’encombres.

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Dorna et la F.I.M., la Fédération internationale de motocyclisme, ont voulu donner un signe en présentant un calendrier provisoire 2021 très «classique» - début au Qatar en mars, finale à Valencia en novembre – mais dont on imagine qu’il connaîtra de nombreuses modifications, selon l’évolution de la pandémie de Covid-19.

Vingt GP sont au programme, avec encore un gros point d’interrogation sur celui de Brno, en République Tchèque, où des travaux importants sont nécessaires, l’asphalte de Brno étant détruit et désormais dangereux. Pour le reste, on est dans le classique, avec une tournée américaine après le Qatar (Argentine et Etats-Unis), avant la saison européenne (dont le GP de Finlande), puis le traditionnel grand voyage en Orient pendant l’automne.

Trois GP sont en réserve: le Portugal (Portimão accueille, dans deux semaines, la finale du championnat 2020), l’Indonésie où un circuit de type routier, mais avec toute la sécurité d’un tracé normal est en construction sur une île, ainsi qu’un GP de Russie, sur le nouveau circuit Igora Drive, près de St-Pétersbourg.

«Toutes les dates et le fait de savoir si ces courses pourront se jouer devant des spectateurs dépendra bien sûr de l’évolution de la pandémie, explique Carmelo Ezpeleta, le patron de Dorna. Nous devrons aussi obtenir chaque fois les autorisations des gouvernements respectifs. Mais il nous a paru important d’apporter un signe fort pour 2021 en permettant ainsi aux différents promoteurs de réserver des dates.»

Lüthi: la vérité dans le réservoir?

Thomas Lüthi essaye ce week-end un nouveau réservoir. Avec succès pour l’instant.

Thomas Lüthi essaye ce week-end un nouveau réservoir. Avec succès pour l’instant.

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Pour la première fois de cette saison 2020 – à part lors des tests hivernaux de Jerez de la Frontera, début mars -, on a retrouvé Thomas Lüthi en tête d’une séance d’essais. C’était vendredi matin, sous la pluie et avant une chute (sans conséquences physiques).

Sur un circuit où il s’est déjà imposé, où il était devenu il y a exactement 15 ans aujourd’hui champion du monde 125 cm3 et où il n’avait été battu que par Brad Binder en novembre dernier, le pilote suisse utilisait pour la première fois un nouveau réservoir (dans la catégorie, le moindre changement dans la répartition des poids est importante): «C’était sympa de se retrouver tout devant ce matin. La chute? J’ai juste un peu trop risqué, je voulais chercher la limite. Cet après-midi, il y avait encore des zones humides. Au milieu de la séance, même s’il n’y avait rien à faire face à Sam Lowes, j’étais deuxième; ce fut un peu plus compliqué dans les dernières minutes et j’ai perdu pas mal de rangs. Mais cela nous a aussi clairement montré où nous devons continuer de travailler.»

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2 commentaires
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Docteur

07.11.2020 à 11:08

N’est pas Rossi qui veut...Tom, l’heure de raccrocher les gants est arrivée...