Cyclisme: Roubaix féminin: «Ne pas faire de différences»
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CyclismeRoubaix féminin: «Ne pas faire de différences»

L’arrivée au calendrier 2020 d’un «Enfer du Nord au féminin», au milieu des annonces de l’UCI cette semaine, a fait le bonheur des cyclistes.

par
Sport-Center
La Bernoise Marlen Reusser lors du Mondial 2018.

La Bernoise Marlen Reusser lors du Mondial 2018.

Keystone

La crise du nouveau coronavirus aura eu au moins un avantage: elle a fait avancer l’organisation d’un Paris-Roubaix féminin! «On ne l’avait pas prévu cette année. On a voulu saisir l’opportunité de cette saison particulière pour suivre ce qui existe sur la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et l’Étape by le Tour», a indiqué Thierry Gouvenou, le directeur des compétitions d’Amaury Sport Organisation, dans «L’Équipe» (propriété d’ASO, comme le Tour de France). Le 25 octobre prochain, les femmes auront donc, enfin, droit à leur «Enfer du Nord» à elles. Si la saison de vélo peut se courir, évidemment...

Le calendrier de ces messieurs a fait couler beaucoup d’encre, mardi, avec notamment cette incroyable journée qui marquera également le passage à l’heure d’hiver. Au programme, le contre-la-montre final du Giro, une étape de la Vuelta avec arrivée au Tourmalet et Paris-Roubaix. Il faut donc y ajouter ce nouvel événement du World Tour féminin. «Je n’ai vu que des commentaires positifs sur les réseaux sociaux, s’est félicité David Lappartient, le Président de l’Union cycliste internationale. Je crois qu’il est important pour les femmes d’avoir les mêmes chances que les hommes.»

Sacré défi

C’était aussi, forcément, l’avis de la Bernoise Marlen Reusser, championne d’Europe en titre du contre-la-montre: «Ce sera un sacré défi, c’est sûr. Mais ça a été aussi une grande surprise de l’apprendre, parce que je ne savais même pas que c’était en discussion! Peut-être que j’étais mal informée... (rires) Je trouve ça très bien, honnêtement. En plus, ce sera le même jour que la course des hommes.»

L’ancienne présidente des Jeunes Verts du canton de Berne et candidate au Grand Conseil bernois il y a quelques années n’en reste forcément pas là: «C’est ça, le gros problème de notre discipline à mon avis, on est rarement programmées en même temps que les hommes, a regretté la doctoresse en médecine de 29 ans. Une chose est claire avec cette course: c’est un Monument, un des plus grands moments de cyclisme de la saison. Alors c’était important qu’on le coure, mais c’est tout de même une extraordinaire nouvelle pour le peloton féminin.»

L’«Enfer du Nord» est sans doute la course la plus dure du calendrier masculin. Marlen Reusser pense qu'il doit en être de même chez les femmes. «Comme c’est une course mythique, c’est important que l’épreuve soit difficile et sur un long parcours. On peut le faire, on a l’endurance nécessaire, a assuré la championne de Suisse en titre. Ce sera compliqué sur les pavés, mais je pense qu’on est prêtes. C’est essentiel que l’on affronte les mêmes courses que les hommes et c’est même mon but: qu’on ne fasse pas de différences entre les hommes et les femmes.»

Équipes menacées

De 22 courses au début de saison, l’Union cycliste internationale a réussi à «sauver» 18 courses du World Tour féminin cette saison, marquée par la crise du nouveau coronavirus. Un soulagement pour beaucoup, car de nombreuses équipes ont dû réduire les salaires et menacent de fermer leurs portes. «C’est vrai que c’est bon signe pour un cyclisme féminin, en difficultés actuellement, a soufflé la Bernoise, coureuse d'une équipe Bigla-Katusha qui connait de gros soucis. Ce genre d’épreuves est la clé et ça va aider énormément. Je me réjouis que ça se fasse et expose davantage notre discipline. Mais il n’est pas encore sûr que nous puissions courir, à cause de la pandémie. Moi en tout cas, je me tiens prête à tout actuellement...»

Le prochain objectif, ne serait-ce pas de voir, enfin, une épreuve pro en Suisse, pour le peloton des filles? «Une course bientôt chez nous? J’espère. Il n’y en a pas, mais j’ai entendu que ça allait peut-être changer.» Après les pavés de Roubaix, pourquoi pas les Alpes!

Robin Carrel

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