Publié

TestRouler à moto... avec les bus

Luc Barthassat inaugure la première piste dévolue aux bus, taxis et deux-roues à Genève. Le conseiller d’État espère que l’initiative fera tache d’huile ailleurs en Suisse.

par
Valérie Duby
Maxime Schmid

En tant que motard genevois, le conseiller d’État Luc Barthassat le sait très bien: «Les deux-roues aident à fluidifier le trafic!» Depuis hier matin, la Cité de Calvin possède sa voie dédiée aux bus des Transports publics genevois (TPG), mais aussi aux motos, aux scooters et aux vélos. Une première.

Le lieu? Le tronçon de 620 m allant de la route des Jeunes, compris entre le parking P+R Étoile et le carrefour avec l’avenue Vibert, près du centre commercial de la Praille. «C’est avec ce genre d’actions ciblées, qui viennent en complément de grands projets d’infrastructures, que nous allons pouvoir fluidifier la circulation à Genève», explique Luc Barthassat, chargé du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA). Tant mieux! Le magistrat PDC rappelle que le nombre de deux-roues motorisés a été multiplié par deux en vingt ans en ville… En 2016, pas moins de 55 000 immatriculations ont été enregistrées.

La mesure avait été plébiscitée par 60% des participants aux États généraux des transports de 2014. Une phase test devait débuter l’an dernier, mais la Ville de Genève s’y était opposée judiciairement, n’ayant pas pu donner son aval au DETA. «Il faut arrêter d’empiler toutes sortes de véhicules sur les voies de bus», avait indiqué Rémy Pagani à la Tribune de Genève au mois de mai dernier. «Un tel couloir existe en Suisse, à Baden (AG). Mais l’on ne peut pas vraiment comparer la ville de Baden avec Genève, note pour sa part Bernard Niquille, président de la communauté d’intérêts Ci-motards.ch.

Ville surbookée

«Ce projet nous tient à cœur car il servira de test pour d’autres villes», se réjouit Bernard Niquille. «On trouve de telles voies à Londres et à Stockholm», indique François Membrez, président de la section genevoise du Touring Club Suisse (TCS), qui salue cette excellente initiative. Même son de cloche du président de la Commission des transports du Grand Conseil, Bernard Riedweg. «La ville est surbookée niveau circulation. Imaginez, il y a davantage de deux-roues à Genève qu’à Paris!» Officiellement lancée depuis hier, la phase d’essai durera un an. Avec un premier bilan dans trois mois, qui sera dressé conjointement avec la police genevoise. L’objectif est évidemment de créer de telles voies ailleurs dans le canton. «On espère que cela fasse tache d’huile, aussi bien ici que dans toute la Suisse», déclare Luc Barthassat. Et d’ajouter: «C’est un plus au niveau sécurité. Il faudra bien entendu que tout le monde apprenne à se respecter!» Sur la route des Jeunes, depuis hier matin, trois panneaux indiquent aux usagers que les bus et les deux roues peuvent désormais cohabiter.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!