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Voile,PREVRoute du Rhum 2014 - A J-1, Saint-Malo s'embrase (PAPIER GENERAL)

Par Hervé GAVARD et Hervé GUILBAUD Saint-Malo, 1 nov 2014 (AFP) - Saint-Malo s'enflamme, Saint-Malo s'embrase : la cité corsaire (ouest) était submergée samedi par une marée humaine qui assistera dimanche au départ de la 10e Route du Rhum, mythique transatlantique vers le soleil de Guadeloupe à laquelle participent cette année 91 solitaires, record absolu.

Une foule compacte, du soleil voire de la chaleur, des gens émerveillés devant les voiliers, les vacances scolaires de la Toussaint et des conditions météo qui devraient rendre le départ "musclé": toutes les conditions sont réunies pour faire de cette édition anniversaire un cru exceptionnel. Depuis l'ouverture du village de la course, le 24 octobre, des dizaines de milliers de personnes se pressent chaque jour sur les quais, au pied des remparts de la cité malouine. Selon les organisateurs, près de 2 millions de personnes auront transité par Saint-Malo ou pris d'assaut les falaises et la côte au moment du départ. Depuis plusieurs jours déjà, circuler en voiture dans la ville corsaire relève de la gageure. Samedi, malgré un ciel menaçant en tout début de journée, des promeneurs, toutes générations confondues, déambulaient dès potron-minet. Une foule qui n'a cessé de grossir au fur et à mesure que les heures passaient et que le ciel se dégageait. A la mi-journée, pique-niques, bains de mer ou de soleil étaient de rigueur sur les plages de Saint-Malo. Sur les ponts des voiliers, dont les pavois flottent au vent, les préparatifs continuent: ici vérifications d'accastillage ou de voiles, comme sur Défi Martinique (Daniel Ecalard), là nettoyage à grande eau, comme sur Vento di Sardegna (Andrea Mura). C'est aussi l'heure du baptême officiel du Class40 de Pierre Brasseur. Pas de bouteille cassée sur la coque, mais quelques gouttes de champagne mélangées à de l'eau Matouba, le sponsor. Le tout sous les regards de centaines de promeneurs massés derrière les barrières et toujours aussi incrédules devant le défi que représente une course transatlantique en solitaire. "Un seul bonhomme pour barrer un bateau comme ça!", s'exclame un couple, devant Maître Coq, le monocoque Imoca (18,28 m) de Jérémie Beyou. Sur les quais, les stands des sponsors sont aussi pris d'assaut, tels Prince de Bretagne, Sodebo et Bruneau, qui distribue des stylos et finance le benjamin de la course, Paul Hignard, 19 ans. On en profite pour essayer une paire de chaussures de bateau, un pull marin rayé, une polaire et se donner ainsi une allure de marin chevronné. Pour les concurrents, l'heure est à la concentration maximale. Les premiers voiliers devaient sortir des bassins Vauban et Duguay-Trouin à partir de 13h30 pour rejoindre l'eau libre. Les éclusages vont se succéder jusqu'à dimanche 06h30, à quelques heures du coup de canon qui sera donné à 14h00 par la ministre des Outre-Mer George Pau-Langevin, au nord de la pointe du Grouin, depuis un ferry. Le périmètre de départ sera exclusivement réservé aux concurrents, aux embarcations de l'organisation et de la sécurité. Idem pour la zone au nord du cap Fréhel, où les skippers du "Rhum" devront laisser une bouée à tribord. Une perturbation, avec de la pluie, devrait passer dimanche à la mi-journée sur Saint-Malo, a indiqué samedi midi Cyrille Duchesne, de Météo Consult, lors d'un dernier briefing consacré à la météo, auquel ont assisté la plupart des skippers. Des vents de sud/sud-ouest de 15 à 18 noeuds souffleront sur la zone de départ, avec des rafales de 25 à 30 noeuds, de la pluie mais pas de houle, a-t-il précisé. Une petite accalmie suivra avant l'arrivée d'un nouveau front sur la pointe bretonne dans la nuit de dimanche à lundi. Cette première nuit sera "assez musclée", a-t-il prévenu. Lundi à la mi-journée, la mer deviendra "très agitée" à la sortie de la Manche, avec une grosse houle d'ouest/nord-ouest, a souligné M. Duchesne. Des vagues de quatre mètres sont attendues à la hauteur de la mer d'Iroise et ça se creusera encore dans le golfe de Gascogne. hg-heg/ol/es

(AFP)

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