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Voile,PREVRoute du Rhum - Francis Joyon, 2e en 2010: "Je reste sur ma faim" (TROIS QUESTIONS)

Saint-Malo, 1 nov 2014 (AFP) - Francis Joyon, l'homme de fer de la voile océanique, détenteur de certains des plus beaux records en solo (tour du monde et Atlantique) et 2e de la Route du Rhum 2010, rêve de gagner la 10e édition, dont le départ sera donné dimanche à Saint-Malo.

Force, courage, humilité... Les qualificatifs manquent pour décrire ce marin atypique, d'une gentillesse désarmante et à la voix étonnamment douce. Dimanche, il attaquera son 6e "Rhum" à la barre de son trimaran de 29,70 m, Idec Sport, un plan Irens-Cabaret datant de 2007 et avec lequel il a déjà parcouru environ 200.000 milles (370.400 km). Q: Quelles sont vos chances face à des "monstres" comme Spindrift 2 (Yann Guichard/40 m) ou Banque Populaire VII (Loïck Peyron/31,50 m), trimarans de la classe Ultime, beaucoup plus récents et surtout plus puissants? R: "Idec Sport est un bateau très polyvalent, très abouti. Je le connais bien, c'est un gros avantage. Après avoir fini 2e en 2010, je reste sur ma faim. Mais en 2010, il n'y avait qu'un bateau plus puissant que le mien (Groupama 3 de Franck Cammas, vainqueur de la course, ndlr). Cette année, les Ultimes sont des bateaux sains, très marins et j'aurais volontiers dit oui pour naviguer sur Spindrift si on me l'avait demandé. Voire sur l'un des trois MOD70 (Edmond de Rothschild/Sébastien Josse, Musandam Oman Sail/Sidney Gavignet et Paprec Recyclage/Yann Eliès, tous longs de 21,20 m, ndlr)." Q: Songez-vous à modifier Idec Sport pour le rendre plus compétitif ou à en changer pour lutter à armes égales avec les trimarans les plus récents? R: "S'il avait suffi de claquer des doigts (pour trouver le budget, ndlr), on l'aurait élargi de 4 mètres. On avait envisagé de le faire mais le bateau est difficile à faire évoluer. Donc tant que ça marche, on continue et on verra ça à l'arrivée du Rhum . Le bateau de mes rêves, c'est un catamaran AC72 de la Coupe de l'America qui vole en mode océanique et en solo." Q: Vous avez 58 ans, ce qui fait de vous le doyen des skippers dans la classe Ultime, qui regroupe les plus gros bateaux de la flotte (91 concurrents au total). Est-ce un handicap par rapport à des marins de 30/40 ans? R: "L'expérience est un avantage mais on est plus vulnérable à mon âge qu'à 30 ans. Il y a des moments durs où on se demande ce qu'on fait là. Ce sont des bateaux très exigeants. Il faut arriver à dormir entre 2 et 4 heures par jour, sinon on a des hallucinations." Propos recueillis par Hervé GUILBAUD. heg/hg/mam

(AFP)

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