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Voile,PREVRoute du Rhum - Panique à bord: Robin Knox-Johnston va manquer de whisky! (MAGAZINE)

Par Hervé GUILBAUD Pointe-à-Pitre, 12 nov 2014 (AFP) - "C'est une tragédie..." La voix est lointaine mais l'émotion est palpable: Robin Knox-Johnston, Sir Robin, engagé dans la Route du Rhum à la barre de son monocoque Grey Power, risque de manquer de whisky avant l'arrivée à Pointe-à-Pitre.

A part ça, ajoute-t-il dans un entretien téléphonique avec l'AFP, "tout va bien mais j'aimerais aller un peu plus vite. Il y a d'excellents marins dans cette course et c'est ce qui la rend intéressante". Robin Knox-Johnston, 75 ans, est le doyen de cette 10e édition de la Route du Rhum. C'est aussi et surtout une légende vivante de la voile, ayant été le premier navigateur à remporter une course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, le Golden Globe Challenge, en 1969. Cette Route du Rhum 2014 est sa 2e après celle de 1982, terminée à une honorable 14e place à la barre d'un catamaran, Sea Falcon. Inscrit cette fois-ci dans la classe Rhum, qui rassemble des bateaux "historiques", Sir Robin (il a été anobli par la Reine en 1995) a pris le départ le 2 novembre à Saint-Malo avec un vieux monocoque de 60 pieds (18,28 m), un plan Finot-Conq mis à l'eau en 1997 et aujourd'hui un peu dépassé. Comme les 90 autres concurrents de ce Rhum 2014, il a souffert au cours des deux ou trois premiers jours de mer, avec des vents musclés et une mer forte. "C'était désagréable", lâche-t-il, avec un sens de l'euphémisme typiquement britannique. "Une navigation pas très agréable. Mais il faut faire avec ce qu'on a..." Il ne se plaindra pas davantage, avouant toutefois qu'il était content de sortir du golfe de Gascogne et de trouver des conditions de navigation plus clémentes. Pointé en 7e position (dans sa classe) au classement de mercredi à 17h00 heure de Paris, à 2145,9 milles de Pointe-à-Pitre, Sir Robin navigue désormais dans des vents d'est/nord-est de 8-10 noeuds et une mer calme. Il mange normalement et trouve le temps de communiquer par mail tous les jours avec la famille ou des amis restés à terre. Et il alimente quotidiennement un blog. Côté sommeil, tout va bien: "j'ai dormi trois heures la nuit dernière (de mardi à mercredi, ndlr). Je n'avais jamais dormi aussi longtemps depuis Saint-Malo". Malgré le mauvais temps du départ, pas de gros soucis techniques à signaler, sinon un problème avec son solent (foc) qu'il n'arrive pas à enrouler. "Cette voile d'avant est très difficile à affaler", ajoute-t-il, sans autre précision. Il a évidemment appris la victoire de Loïck Peyron, lundi à la barre de son trimaran de 31,50 m Banque Populaire VII. "Je connais Loïck depuis 32 ans. Je suis très content pour lui, c'est fantastique". Les skippers des grands multicoques de la classe Ultime, d'une taille supérieure à 18,28 m, sont "incroyablement courageux", souligne-t-il. Interrogé sur une éventuelle participation à la 11e Route du Rhum, en 2018 à l'âge de 79 ans, Robin Knox-Johnston éclate d'un grand rire. "Je ne sais pas encore, poursuit-il. C'est un sacré boulot avec un bateau comme Grey Power. Si je reviens, ce sera avec quelque chose de plus petit". Et, probablement, un peu plus de scotch dans la cale. heg/adc

(AFP)

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