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EpargneRuée sur les billets de 1000

Il n'y a jamais eu autant de billets violets en circulation. Une des explications serait liée à la crise. Manque de confiance, taux d'intérêt très bas, les Suisses gardent leur argent chez eux.

par
Sandra Imsand
Keystone

Fin décembre 2012, il y avait 37,4 millions de coupures de 1000 francs en circulation. Soit 37,4 milliards de francs en grosses coupures, ce qui représentait l'équivalent de 60% de tout l'argent liquide à ce moment-là. Jamais dans les statistiques de la Banque nationale suisse (BNS), ce chiffre n'avait été aussi haut. A la même période en 2011, il y avait 33,27 millions de billets violets à l'effigie de Jacob Burckhardt en circulation. En décembre 2010, 30,4 millions.

Une explication à ce phénomène serait à chercher du côté de la morosité économique. «Le nombre de billets de 1000 francs en circulation était plutôt stable avant la crise financière de 2008, explique Walter Meier, de la BNS. Tout à coup, nous avons vécu une grosse augmentation, soit près d'un million de coupures en plus en l'espace d'un mois.» Le porte-parole estime qu'une des raisons du succès de ce billet serait la réserve de valeur, à savoir conserver ses économies chez soi. «En effet, il est possible de stocker plus d'argent en un espace plus petit.»

Une situation rendue possible grâce aux taux d'intérêt ridiculement bas proposés par les banques. «Les coûts d'opportunités pour posséder des billets de banques sont très bas», explique Silvia Oppliger, de la BNS. A savoir qu'en choisissant de garder son argent à la maison plutôt que de le placer sur un compte, on ne renonce pas à une somme importante qu'auraient rapportée les intérêts. Corollaire de ces épargnes à domicile: l'augmentation des ventes de coffres-forts. Depuis plusieurs années, les privés se ruent sur ce type de bien. «La clientèle a changé, confirme Pascal Page, responsable de Servicoffres. Il y a moins de banques et plus de personnes qui veulent un coffre-fort pour leur domicile.» Le Vaudois estime que ce changement s'explique par une perte de confiance envers les administrations bancaires mais aussi par l'attrait de pouvoir garder ses valeurs près de soi, toujours accessibles.

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