Actualisé 21.06.2019 à 17:45

Première«Ruhe!», «Silence!», de «120 Minutes» à 120 représentations

Veillon et Kucholl, les deux Vincent, font les 100 ans du Cirque Knie, avec une première sortie réussie sous chapiteau jeudi soir à Delémont.

par
Vincent Donzé
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Jeudi soir à Delémont, pour la tournée du centenaire, le public a répondu présent à la première de Vincent Veillon et Vincent Kucholl au Knie.

Jeudi soir à Delémont, pour la tournée du centenaire, le public a répondu présent à la première de Vincent Veillon et Vincent Kucholl au Knie.

Le Matin/Jean-Guy Python
«Je vois encore des places libres ici et là», observe le personnage joué par Vincent Veillon, qui prend plusieurs fois le public à partie

«Je vois encore des places libres ici et là», observe le personnage joué par Vincent Veillon, qui prend plusieurs fois le public à partie

Le Matin/Jean-Guy Python
Après «120 secondes» et «120 minutes», voici venu le temps de 120 représentations pour ces garçons de piste, sapés comme sur l'affiche.

Après «120 secondes» et «120 minutes», voici venu le temps de 120 représentations pour ces garçons de piste, sapés comme sur l'affiche.

Le Matin/Jean-Guy Python

«Ruhe», dit l'un en suisse allemand. «Silence!», traduit l'autre. Jeudi soir sous le chapiteau du Cirque Knie, loin des studios de l'émission «120 Minutes» de la RTS, les deux humoristes romands Vincent Kucholl et Vincent Veillon ont foulé la sciure pour la première d'une série de 120 représentations romandes en 73 dates, d'ici le 3 novembre à Fribourg.

Le plus célèbre duo comique romand engagé par la plus grande dynastie circassienne suisse: l'association ne pouvait que remplir le chapiteau de 2'340 places, jeudi soir à Delémont, en présence d'un ministre jurassien. Une représentation est encore prévue ce soir à 19h30.

Payer la piscine

La surprise, dès le premier sketch, c'est le crime de lèse-majesté osé par les humoristes, quand ils brocardent la famille qui les emploie, par exemple en refusant de débuter le spectacle tant que le chapiteau n'est pas rempli jusqu'à la dernière place, sous prétexte de devoir financer la nouvelle caravane de Frédy Knie et la piscine de Franco. Un gag qui a bien fait rire la directrice artistique Géraldine.

Les Knie des 6e, 7e et 8e génération ont découvert l'impertinence des Vincent lors de la représentation de jeudi, comme cette rime entre «trapézistes» et «antispécistes».

Pas de censure chez les Knie, où les seuls animaux encore en piste sont des chevaux, des perroquets et, à la demande des humoristes, une vache: «Ils ont vaguement regardé les répétitions, mais n'ont rien relu», précisent les humoristes.

Sales gamins

«Les Knie savaient en nous engageant qu'on est des sales gamins», observent Vincent et Vincent, qui se sont permis d'énumérer trois villes exclues de la centième tournée: Bulle (FR), Martigny (VS), La Chaux-de-Fonds (NE). Ils osent même une allusion désopilante sur la disparition du Circus Nock, annoncé le 10 mai dernier après 158 ans.

Les deux Vincent ont placé dans le programme cinq sketches de cinq minutes. Dans le premier, ils ont joué les garçons de piste, comme sur l’affiche. Pour le rôle du policier qui cherche «le responsable de c'te tente», les répliques qui ont l'accent du cru seront renouvelées dès la prochaine étape romande à Neuchâtel, la semaine prochaine, du 25 au 30 juin.

Sans se chevaucher

Le personnage d'Inäbnit le militaire n'est jamais loin quand il s'agit d'incarner le diktat alémanique avec des reproches adressées à public jugé indiscipliné.

C'est une immersion dans l'univers du cirque que le duo comique a réalisé dès la première représentation. Et pourtant, les codes sont y particuliers: ainsi, les répliques doivent fuser l'une après l'autre sans se chevaucher.

V. V. fait aussi le clown qui rêve de vacances à Zermatt, qui cherche un remplaçant et qui le trouve dans le public sous les traits d'un personnage tiré de «120 minutes»: Gilles Surchat. Il joue aussi un reggaeman dans un sketch articulé autour d'un toxico qui a dressé son drôle chien.

Accessoire oublié

Alors qu'une vache était censée sauter dans un cerceau, Vincent Kucholl n'a pas retrouvé son accessoire, oublié à Bâle à la fin des répétitions! Alors qu'il pensait remplacer l'anneau par une barre, la voltigeuse Anastasia lui a prêté son hula hoop, plus lourd à manier.

À la fin du spectacle, les deux Vincent ont retrouvé l'équipe de «120 Minutes» qui assistait à leur première, après avoir mis des émissions en boîte. Personne n'a reproché à Kucholl d'avoir mélangé une vache et un chien dans une réplique. «On s'est trompé, c'était la panique», admet l'humoriste.

Ca peut arriver

Le public a même entendu «C'est la première, calme-toi», ainsi que cette réplique improvisée à cause d'un fil de micro qui s'encouble dans une paire de lunettes en ôtant un sweatshirt: «Il y a une petite couille» suivi de «Ça peut arriver».

Avant les Vincent, d'autres comiques romands ont tourné au Knie, comme Marie-Thérèse Porchet, alias Joseph Gorgoni, Cuche & Barbezat ou Laurent Deshusses. Pour la tournée du centenaire, les deux V se produisent en alternance avec le duo Giacobbo & Müller, qui fait la tournée alémanique, avec un dédoublement à Bienne.

À Paléo le 27

Entre des spectacles, des émissions et des représentations, les deux Vincent seront au Paléo le 27 juillet prochain, quand le cirque sera à Aarau avec le duo comique alémanique.

Pour assurer le programme de la RTS. les deux Vincent ont imaginé des interventions en vidéo ou en duplex, mais au final, les émissions ont été enregistrées à l'avance, dont une filmée au cirque.

Le plus dur? «C'était de maîtriser notre débit de parole»

Le plus gratifiant, c'était quoi? Un rêve de gosse qui se réalise? Le public? La sciure? L'ambiance? L'odeur?

V. K. «Tout ça mélangé, le tout additionné, hein?»

V. V. «Ce soir, c'est surtout le résultat d'une intense semaine de travail. À Bâle, on n'avait rien d'autre à faire que de préparer ce spectacle».

Un public à 360°, c'est vraiment particulier?

V. V. «Avec la lumière, on voit les gens. Ca peut faire peur, des fois: sur scène, on a l'habitude d'avoir la lumière des projecteurs dans les yeux, ce qui nous détache de cette proximité.»

V. K. «Si on voit une spectatrice ou un spectateur qui s'emm... ou qui s'endort, il faut réussir à faire fi de ça».

Le plus dur, c'était le jonglage le dressage ou... la monte d'une vache?

V. V. «C'était de maîtriser notre débit de parole. Des choses plutôt techniques qui font que les gens comprennent nos gags. Pour la vache, c'était super de bosser avec un dresseur et de se laisser guider. On voit vraiment des pros travailler...».

V. K. «...et on voit la marge de progression: quand la vache montre son cul à tout le monde, ce qui est un peu emmerdant pour le gag avec le micro, il faut la positionner...».

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