Conflit irano-saoudien: Ryad veut poursuivre les efforts de paix en Syrie
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Conflit irano-saoudienRyad veut poursuivre les efforts de paix en Syrie

Officiellement , l'Arabie saoudite ne boycottera pas les pourparlers de paix sur la Syrie, malgré la crise avec l'Iran.

L'ambassadeur d'Arabie saoudite a annoncé, lundi, à l'ONU, que la crispation des pays à majorité sunnite du Proche Orient envers l'Iran n'affecterait pas les efforts de paix en Syrie et au Yémen, qui doivent se poursuivre dans les prochaines semaines. (Image - une manifestation à Bagdad, le 4 janvier 2016, contre l'exécution samedi, en Arabie Saoudite, de Nimr al-Nimr, un dignitaire chiite).

L'ambassadeur d'Arabie saoudite a annoncé, lundi, à l'ONU, que la crispation des pays à majorité sunnite du Proche Orient envers l'Iran n'affecterait pas les efforts de paix en Syrie et au Yémen, qui doivent se poursuivre dans les prochaines semaines. (Image - une manifestation à Bagdad, le 4 janvier 2016, contre l'exécution samedi, en Arabie Saoudite, de Nimr al-Nimr, un dignitaire chiite).

Reuters

La crise avec l'Iran «ne devrait avoir aucun effet» sur les efforts de paix en Syrie et au Yémen, a affirmé lundi l'ambassadeur saoudien à l'ONU Abdallah al-Mouallimi.

Le Conseil de sécurité a de son côté condamné les attaques contre les missions saoudiennes en Iran.

«Nous continuerons de travailler dur pour soutenir les efforts de paix en Syrie et au Yémen», a assuré l'ambassadeur saoudien. Ryad «ne boycottera pas» les prochains pourparlers de paix sur la Syrie, prévus en principe à partir du 25 janvier à Genève sous l'égide de l'ONU.

L'Iran remise en cause

Abdallah al-Mouallimi a cependant mis en doute devant des journalistes la volonté de l'Iran de promouvoir la paix en Syrie, estimant que Téhéran «n'avait pas beaucoup soutenu ces efforts» de règlement. De même, il a souhaité que les prochains pourparlers de paix au Yémen prévus à la mi-janvier «soient productifs», mais en ajoutant que «cela dépendra de l'attitude des houthis».

L'ambassadeur saoudien a réaffirmé que les rebelles chiites soutenus par l'Iran doivent «accepter d'appliquer la résolution 2216» de l'ONU qui leur enjoint de se retirer des territoires qu'ils ont conquis depuis le début de la guerre civile.

Si Ryad, qui soutient militairement le gouvernement yéménite contre les houthis, a mis fin à la trêve samedi au Yémen, c'est que les rebelles «l'ont violée continuellement depuis le début», a-t-il expliqué.

Déclaration de l'ONU

Lundi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU a «condamné le plus fermement possible les attaques» contre les missions diplomatiques saoudiennes à Téhéran et Machhad (nord-est de l'Iran) qui ont suivi l'exécution par Ryad d'un dignitaire chiite saoudien. Abdallah al-Mouallimi avait demandé au Conseil de désavouer ce saccage, qui constitue selon Ryad une «violation grave des Conventions de Vienne».

Le Conseil a demandé à Téhéran «de protéger les installations diplomatiques et consulaires et leur personnel» et de «respecter pleinement ses obligations internationales» à cet égard. La déclaration, adoptée à l'unanimité des 15 membres, ne fait en revanche aucune mention de l'exécution du dignitaire chiite, opposant au régime de Ryad.

Promesses de Téhéran

Le texte rappelle que les Conventions de Vienne font obligation aux Etats de protéger les missions diplomatiques. Il «appelle toutes les parties à maintenir le dialogue et à prendre des mesures pour réduire les tensions dans la région».

Dans une lettre adressée lundi au Conseil de sécurité, la mission iranienne à l'ONU avait de son côté exprimé les «regrets» de Téhéran après le saccage des missions diplomatiques saoudiennes. Elle avait promis de «prendre les mesures nécessaires pour que de tels incidents ne se reproduisent pas».

Appel turc au calme

La Turquie a elle aussi appelé lundi l'Iran et l'Arabie saoudite à apaiser les tensions. Ankara a souligné que l'hostilité entre ces deux puissances du monde musulman ne pouvait qu'envenimer la situation dans la «poudrière» qu'est le Moyen-Orient.

«Nous voulons que que ces deux pays renoncent immédiatement à la situation tendue qui ne va évidemment qu'aggraver les tensions déjà fortes existant au Moyen-Orient», a déclaré le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement turc Numan Kurtulmus, cité par l'agence de presse Anatolie.

Evoquant à la fois l'Iran et l'Arabie saoudite, Numan Kurtulmus a souligné que «ce sont deux pays islamiques majeurs pour la Turquie».

(ats)

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