Exposition: S'affranchir du classique «montagnes et chocolat»
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ExpositionS'affranchir du classique «montagnes et chocolat»

La promotion touristique suisse a demandé à cinq photographes étrangers de poser leur regard sur notre pays.

Le travail du Britannique Simon Roberts est celui qui se rapproche le plus des images «traditionnelles» de la Suisse. Mais plutôt que les lieux célèbres eux-mêmes, il a photographié les touristes qui s'y rendent.

Le travail du Britannique Simon Roberts est celui qui se rapproche le plus des images «traditionnelles» de la Suisse. Mais plutôt que les lieux célèbres eux-mêmes, il a photographié les touristes qui s'y rendent.

© Simon Roberts

La promotion touristique suisse, aujourd'hui du ressort de Suisse Tourisme, a contribué à façonner l'image de la Suisse. A l'occasion des 100 ans de cet organisme, cinq photographes portent un regard neuf sur notre pays dans une exposition.

«La Suisse ce n'est pas juste montagnes, vaches, chocolat et fromage», a déclaré vendredi devant les médias à Winterthour Tiziano Pelli, de Suisse Tourisme. «La culture devient un attrait toujours plus important pour les touristes.»

Liberté du thème

C'est pour cela que, pour marquer son centenaire, Suisse Tourisme a choisi d'organiser une exposition de photographie contemporaine en collaboration avec la Fondation Suisse pour la photographie à Winterthour et le Musée de l'Elysée à Lausanne.

Pour l'exposition «Etrangement familier. Regards sur la Suisse», cinq photographes étrangers renommés ont été invités à produire une série d'images dont ils ont pu choisir librement le thème. Les démarches sont aussi diverses que leurs auteurs.

La Mexicaine Alinka Echeverria a choisi une approche anthropologique en réalisant le portrait de plus d'une centaine de jeunes Suisses. «Je me suis rendu compte qu'on ne savait pas grand chose de la jeunesse helvétique car les images touristiques du pays prennent une place immense», a-t-elle expliqué.

Frontières et insolite

Le Chinois Zhang Xiao porte quant à lui un regard curieux sur le pays. Il n'y était jamais venu avant de participer au projet. En suivant le Rhin, il a immortalisé l'insolite, comme un monolithe en béton au milieu d'un champ ou du gravat orange dans une gravière. Le plus grand défi a été d'éviter les sujets de carte postale, a-t-il plaisanté.

Le travail de l'Allemande Eva Leitolf est une réflexion sur les frontières du pays. Pour ses clichés, elle s'est toujours placée en face de la frontière suisse. Mais l'observateur ne sait pas où se situe exactement la limite et encore moins s'il regarde en direction de la Suisse ou vers le pays voisin.

L'Américain Shane Lavalette a pour sa part suivi les traces du photographe suisse Theo Frey qui avait documenté la vie dans douze villages pour l'Exposition nationale de 1939. Le jeune photographe s'est rendu dans les mêmes villages. Son travail met en évidence le temps qui passe.

Le Cervin ne manque pas

C'est l'Anglais Simon Roberts qui présente le regard le plus proche des images touristiques classiques. Il a photographié le Cervin, le lac Léman ou l'Oberland bernois. Toutefois, il présente ces lieux, qui font partie des sujets touristiques favoris, comme des décors devant lesquels les touristes se mettent en scène, souvent sans même les contempler.

L'exposition est présentée jusqu'au 7 mai à la Fondation suisse pour la photographie de Winterthour. Elle sera ensuite montrée au Musée de l'Elysée à Lausanne du 25 octobre au 7 janvier.

(ats)

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