Justice: Sa «Free Party» lui a coûté cher
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JusticeSa «Free Party» lui a coûté cher

Un Vaudois de 19 ans a été condamné pour avoir organisé une soirée illégale de musique électro devant un refuge. Et pour avoir demandé 5 fr. à chacun de ses 300 invités.

par
Benjamin Pillard
La fête s’était déroulée autour de ce modeste cabanon des bois du Jorat, dont le couvert (en arrière-plan) ne permet d’accueillir qu’une dizaine de personnes.

La fête s’était déroulée autour de ce modeste cabanon des bois du Jorat, dont le couvert (en arrière-plan) ne permet d’accueillir qu’une dizaine de personnes.

Le Matin/Maxime Schmid

Les bois du Jorat, au nord-est de Lausanne. Connu pour avoir servi de base arrière à des malfrats précaires durant le Moyen Âge et les deux siècles et demi d’occupation bernoise du Pays de Vaud, ce vaste massif forestier est désormais prisé par un autre type de délinquants en puissance: les organisateurs de soirées illégales. En particulier les rassemblements de musique électronique: techno, minimal, ou trance Goa.

Parmi eux, Baptiste*, 19 ans, qui a grandi dans la région. «Nous avions d’abord fait une demande à la commune d’Orbe, mais ça n’avait pas abouti, en raison d’un refus du service des forêts», a expliqué hier le jeune graphiste à Julie Jequier, juge unique du tribunal de l’Est vaudois.

«Enrichissement illégitime»

Les faits litigieux remontent à six mois. Le terrain était humide lors de ce premier week-end de septembre, après une journée d’averses. Et la nuit fraîche pour la saison: 9 degrés en plaine, assortis d’une légère bise. Plus froid encore devant le refuge libre d’accès situé à 900 m d’altitude (constitué en réalité d’un petit couvert et d’une table de pique-nique) où le Vaudois avait installé du matériel «son et lumière». Si bien que des feux ont été allumés.

«J’ai demandé une cotisation de 5 fr. aux participants pour payer la sono», a poursuivi Baptiste, tout en qualifiant sa fête de «free party» (des soirées clandestines pour lesquelles les participants paient un montant libre). Seulement voilà: les invités n’étaient pas 100 comme attendu, mais… 300. L’apprenti organisateur ayant annoncé ledit rassemblement électro sur les réseaux sociaux.

Quant au lieu de l’événement, il avait été publié le jour même, quelques heures seulement avant la tombée de la nuit, afin d’éviter toute dénonciation. Raté: après une nuit de gros son (avec projection de rayons laser), la police a mis fin à la fête deux heures avant l’aube. Bien qu’isolé, le refuge – situé quelques centaines de mètres de la route de Berne, à vol d’oiseau – est à 800 m des premières habitations. Un hameau des hauts de la commune de Savigny (3 000 âmes).

Verdict: 650 fr. d’amende (dont 150 fr. de frais) pour organisation de manifestation publique sans autorisation. Ainsi qu’une créance de 1 500 fr. (à titre de confiscation de valeur patrimoniale) pour «enrichissement illégitime», le Vaudois ayant initialement déclaré à la police que sa «sono» avait été «mise à disposition» par deux amis. Et non louée, comme juré hier.

*Prénom d'emprunt

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