Berne - Sa grève de la faim pour le climat est dans l’impasse
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BerneSa grève de la faim pour le climat est dans l’impasse

Guillermo Fernandez entre aujourd’hui dans sa 38e journée sans manger. Il s’attire beaucoup de sympathie sur la place Fédérale. Mais la situation demeure bloquée à cause de la nature de sa demande. Et il commence à décliner.

par
Eric Felley
Les conseillers nationaux Jean-Paul Gschwind (C/JU) et Sidney Kamerzin entourent Guillermo Fernandez devant le Palais fédéral.

Les conseillers nationaux Jean-Paul Gschwind (C/JU) et Sidney Kamerzin entourent Guillermo Fernandez devant le Palais fédéral.

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Il entame aujourd’hui sa 38e journée de grève de la faim pour attirer l’attention sur les menaces de la crise climatique. Avec sa veste rouge et son panneau «Grève de la faim pour le climat de nos enfants», Guillermo Fernandez est fidèle au poste jour après jour sur la place Fédérale. Ses revendications sont aujourd’hui connues: il demande à Simonetta Sommaruga de faire en sorte que l’Assemblée fédérale invite les scientifiques – notamment les auteurs du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) - de venir présenter la situation aux parlementaires.

La conseillère fédérale lui a rendu visite, mais elle ne peut pas évidemment décider elle-même ce que le Parlement peut ou doit faire. Pendant ce temps, de nombreux élus s’arrêtent pour discuter avec le gréviste. Mardi, on l’a vu avec les deux conseillers nationaux Jean-Paul Gschwind (C/JU) et Sidney Kamerzin (C/VS). «C’est quelqu’un de très sympathique, note le premier, mais sa démarche se heurte au fonctionnement des institutions».

Inviter des responsables du GIEC au Parlement?

Si Guillermo Fernandez garde une force communicative intacte avec les personnes qui l’abordent, physiquement, il commence à marquer le coup après avoir perdu 17 kilos. Mardi, le conseiller aux États Carlo Sommaruga (PS/GE) a écrit un tweet à l’intention d’Irène Kälin (Vert.e.s), présidente du Conseil national, lui suggérant d’inviter un ou des responsables du GIEC pour qu’ils s’expriment au Parlement. Ce qui serait une façon d’accéder, en partie au moins, aux revendications de Guillermo Fernandez. Mais d’aucuns craignent que céder créerait un précédent.

Veillée aux bougies et pétition

Les proches de Guillermo Fernandez constatent dans un communiqué, que la mobilisation s’organise et se renforce autour de lui. 300 personnes se sont rassemblées le samedi 4 décembre sur la place Fédérale pour une veillée aux bougies. Par ailleurs, une pétition en ligne a réuni quelque 10 000 signatures et de nombreux «courriers d’interpellation ont atterri sur le bureau de Mme Sommaruga».

«Le soutien que je reçois chaque jour des gens me porte, note le gréviste, et je sais qu’ensemble, nous pouvons encore gagner, et ce de mon vivant. Pour le futur de nos enfants, nous n’avons d’ailleurs pas le choix que de gagner». Mais le temps commence à jouer contre lui.

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