Wimbledon: Nick Kyrgios en quarts de finale

Actualisé

WimbledonSage comme une image, Nick Kyrgios retrouve les quarts de finale

L’Australien s’est défait de l’Américain Brandon Nakashima en cinq manches, lundi à Londres.

par
Mathieu Aeschmann
(- Londres)
Nick Kyrgios va jouer un quart à Wimbledon pour la 2e fois de sa carrière.

Nick Kyrgios va jouer un quart à Wimbledon pour la 2e fois de sa carrière.

AFP

C’est un Nick Kyrgios transfiguré par rapport à son samedi soir sauvage qui s’est qualifié lundi pour les quarts de finale de Wimbledon. L’Australien a résisté à une douleur à l’épaule et à la magnifique constance de Brandon Nakashima pour retrouver le «last 8» à Church Road après cinq sets inégaux 4-6 6-4 7-6 (7/2) 3-6 6-2.

Faut-il y reconnaître les effets du Centre Court ou le calme contagieux du jeune Américain (56e mondial), toujours est-il que «Dirty Nick» n’a intimidé personne. Hormis ses «Air Jordan» rouges pour entrer et sortir du court, il se sera même comporté comme un parfait membre de l’AELTC. Et en matière de tennis, Nick Kyrgios aura réussi à se relancer calmement après un mauvais départ.

Une victoire construite pas à pas

«C’est une victoire très importante pour lui dans l’optique de sa relation avec le Centre Court, appréciait Todd Woodbridge au micro de la BBC. J’ai aimé la manière dont il a pris le contrôle du match, en étant patient, en construisant son emprise.» L’ancien No 1 mondial de double a raison: Nick Kyrgios n’a jamais été flamboyant lundi. Il a construit sa victoire pas à pas. Presque à l’expérience. Une maturité qui ne lui ressemble pas et qui en dit long sur ses ambitions.

«Il a parfaitement conscience de sa position dans le tableau et l’opportunité qui s’offre à lui, poursuivait Tim Henman. Je suis fan de la manière dont il a empoigné la situation.» Voilà donc Nick Kyrgios en quarts de finale, huit ans après sa révélation. «J’avais battu Nadal et cela reste dans un coin de ma tête», glissait-il avant de quitter la scène. Avant une hypothétique demi-finale contre l’Espagnol, il devra relever le défi Cristian Garin (lire ci-dessous). Mais son allusion a valeur d’avertissement.

Cristian Garin roi du marathon

Le court No 2 de Wimbledon est devenu une arène de gladiateurs. Vingt-quatre heures après la monumentale victoire de David Goffin face à Frances Tiafoe (7-5 au 5e set, 4 h. 36), Cristian Garin a fait du copier-coller pour s’offrir un premier quart de finale en Grand Chelem. Le Chilien a effacé un handicap de deux manches en sauvant au passage deux balles de match pour s’offrir le scalp de la mobylette Alex De Minaur (27e) 2-6 5-7 7-6 (7/3) 6-4 7-6 en 4 h. 34 minutes d’une empoignade intense.

«Je n’ai pas les mots. J’ai tout donné. C’était tellement dur, une vraie bataille.» Visiblement éreinté, Cristian Garin sera excusé pour la métaphore guerrière. D’abord parce qu’il était impossible d’avoir les idées claires après une telle débauche d’énergie – il vacillait presque lors de l’interview d’après-match. Ensuite parce que le terme «bataille» convient ici parfaitement au type de tennis pratiqué.

Garin et De Minaur font assurément partie des athlètes les mieux préparés du circuit. Et puisque le Chilien (côté revers) comme l’Australien (partout) peinent à frapper des coups gagnants, la partie s’est vite transformée en un jeu d’usure physique et tactique. Pour avoir été plus lucide et plus offensif dans les moments clés, Cristian Garin a gagné le droit de défier Nick Kyrgios en quarts de finale. «L’année dernière, j’étais en 8es de finale; me voilà en quarts. C’est un rêve. J’adore Wimbledon.»

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