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GéothermieSaint-Gall abandonne son projet de centrale géothermique

Aucune centrale géothermique ne verra le jour à St-Gall. Le projet est abandonné à cause de la quantité d'eau chaude trop faible pour être exploitée ainsi que pour des raisons financières et de sécurité.

Le projet de centrale géothermique à St-Gall a été stoppé.

Le projet de centrale géothermique à St-Gall a été stoppé.

Keystone

«La fin du projet de centrale géothermique était devenue prévisible», a admis le directeur des services industriels Fredy Brunner face aux médias. «C'est un revers, mais pas un échec», a réagi Kathy Riklin, membre du conseil d'administration de la société suisse pour la géothermie (SSG) et conseillère nationale (PDC/ZH).

Domaine encore peu connu

Le plus gros problème vient du manque d'intérêt des investisseurs. Peu d'argent est investi dans la géothermie, et quand c'est le cas, il provient très souvent d'entreprises énergétiques en mains publiques. De plus, l'utilisation de cette source d'énergie est encore très récente.

«Il y a encore beaucoup de recherche à faire dans ce domaine. Les connaissances acquises à St-Gall et dans d'autres projets de géothermie sont importantes pour améliorer le savoir sur l'utilisation géothermique du sous-sol suisse», a complété Sabine Hirsbrunner, porte-parole de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN).

Décision en été

A St-Gall, l'exécutif décidera d'ici à l'été si un test sur le long terme pour l'extraction de gaz sera lancé - probablement pendant l'hiver 2015/2016 - ou si cette alternative sera également enterrée.

La production de gaz serait économiquement intéressante, a assuré le membre de l'exécutif. La quantité qui pourrait en être extraite n'est cependant pas encore connue. Le test sur le long terme devrait pouvoir apporter ces informations.

Pas assez d'eau et trop de risques

Plusieurs raisons ont poussé la ville a abandonner le projet initial. La quantité d'eau chaude découverte lors des forages est trop faible pour être exploitée, a expliqué Fredy Brunner. A cela s'ajoutent les risques de tremblement de terre et financiers pour les caisses municipales.

Par ailleurs, un second forage n'est envisageable ni économiquement, ni en termes de sécurité, écrit la Ville. Il n'est pas question non plus de creuser davantage encore. En février, la municipalité avait annoncé que seuls 10% de la quantité d'eau chaude se situant à 4000 mètres sous terre pourraient être pompés.

Trou de 55 millions

Cet été, la ville aura probablement perdu 55 millions de francs dans le projet de géothermie et les recherches sur les risques sismiques. L'OFEN prend en charge 19 millions dans le cadre de la garantie de risque.

Les citoyens de la ville de St-Gall ont accepté en 2010 un crédit de 160 millions de francs pour réaliser une centrale géothermique. Elle aurait dû être construite à l'ouest de la ville, produisant électricité et chauffage dont les habitants auraient été les premiers bénéficiaires.

Les travaux de forage avaient commencé en mars 2013. Le 20 juillet, un séisme de magnitude 3,5 sur l'échelle de Richter avait entraîné l'arrêt provisoire des travaux. Les autorités avaient ensuite décidé de poursuivre le projet. Des secousses sismiques supplémentaires se sont produites au cours du forage qui s'est achevé en automne.

Quelques espoirs et beaucoup d'abandons

D'autres projets de géothermie profonde ont été lancés dernièrement. Parmi les principaux, il y a un forage géothermique moins profond (2000-3000 m) à Lavey-les-Bains (VD), une centrale géothermique en Thurgovie d'ici à 2018, un projet pilote de géothermie profonde à Glovelier, dans le Jura.

Nombreux sont ceux aussi qui tombent à l'eau. Bâle avait arrêté tout forage suite à un séisme de 3,4 survenu en 2006. Zurich a abandonné l'idée suite au constat de l'impossibilité de réaliser tout forage géothermique. Enfin, le projet de centrale géothermique près de Berne a été mis de côté pour le moment.

(ats)

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