Actualisé 12.05.2020 à 14:13

RussieIncendie dans un hôpital: «Tout le monde est sous le choc»

Cinq personnes ont péri ce mardi dans un incendie à Saint-Pétersbourg. Il s'agissait de malades reliés à des respirateurs artificiels.

Le feu qui s'est déclaré dans un hôpital de Saint-Pétersbourg a fait cinq victimes.

Cinq patients en réanimation sont morts mardi dans un incendie dans un hôpital de Saint-Pétersbourg (Russie) traitant des malades du nouveau coronavirus, un sinistre dû selon les premières constatations à un respirateur artificiel ayant pris feu.

Le feu s'est déclaré à l'aube à l'hôpital Saint-Guéorgui qui, d'après l'agence TASS, a été récemment réaménagé pour accueillir des malades du Covid-19. Quelque 150 personnes ont dû être évacuées, selon les pompiers.

Le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, a salué «l'héroïsme» du personnel soignant qui a permis d'éviter un grand nombre de victimes. «Ils ont immédiatement commencé à évacuer les patients vers d'autres étages (...) Ils ont réussi à couper l'alimentation électrique et en oxygène du département, ce qui a permis d'éviter des conséquences plus graves», a-t-il dit.

Dans la même chambre

Une source a indiqué à l'agence de presse Interfax que «le foyer de l'incendie se situait dans la zone rouge de réanimation» de l'hôpital, celle où se trouvent les personnes contaminées par le nouveau coronavirus.

Pavel Danilov, le procureur du district de Vyborg auquel est rattaché l'hôpital, a indiqué pour sa part à la presse que «les personnes décédées étaient des patients du service de réanimation». Selon lui, quatre des victimes étaient hospitalisées dans la même chambre.

Le directeur de l'établissement, Valeri Strejeletski, a précisé lors d'un point presse que trois d'entre elles étaient reliées à des respirateurs artificiels. «Ces machines ont été reçues le 1er mai», a-t-il ajouté. La cinquième victime était hospitalisé dans une autre chambre.

Le gouverneur de Saint-Pétersbourg a précisé que les résultats préliminaires de l'enquête s'orientaient vers un «court-circuit dans des équipements électriques». «L'un des respirateurs artificiels a pris feu», a-t-il déclaré, cité dans un communiqué de l'administration locale.

A l'extérieur de l'établissement, deux fenêtres noircies par les fumées étaient visibles, selon une journaliste de l'AFP sur place.

«Sous le choc»

L'hôpital n'a pas fermé ses portes, une patiente, Svetlana Stepanova, ayant indiqué à l'AFP avoir pu se rendre à son rendez-vous en ambulatoire mais que «tout le monde est sous le choc». «Un incendie dans un hôpital, c'est un cauchemar», a ajouté cette retraitée tandis que devant l'établissement, des équipes en combinaison orange arrosaient de désinfectant les pompiers ayant participé à l'opération.

Selon la branche locale du ministère des Situations d'urgence, l'incendie a commencé peu après 06H00 (03H00 GMT) au 6e étage de cet hôpital situé dans le nord de Saint-Pétersbourg. Il a été circonscrit peu avant 07H00 GMT. Une enquête a été ouverte pour «mort par négligence».

Selon l'agence TASS, l'hôpital Saint-Guéorgui a été mi-mars «un des premiers de la ville à être entièrement repensé en hôpital pour maladies infectieuses».

Contrôle des respirateurs

C'est le deuxième incendie en quelques jours dans un hôpital russe soignant des malades du Covid-19: samedi, une personne était morte à Moscou dans un établissement hébergeant près de 700 d'entre eux. Selon les agences de presse russes, le feu s'était aussi déclaré dans une unité de soins intensifs. Le gendarme sanitaire russe Rospotrebnadzor a ordonné un contrôle des respirateurs dans les deux hôpitaux.

La pandémie de nouveau coronavirus prend de l'ampleur en Russie avec 232’243 cas recensés. Si le taux de mortalité reste faible, avec 2116 morts au total, environ 10’000 à 11 000 cas de contamination sont enregistrés chaque jour depuis début mai, faisant du pays un des plus touchés.

Mortalité sous-estimée

La Russie assure que sa faible mortalité est due notamment à ses mesures préventives comme le dépistage massif pour isoler les cas suspects. Elle a aussi dès mars ordonné le confinement des voyageurs venant de pays touchés ainsi que des populations à risque, et réorganisé son système hospitalier.

Des critiques jugent néanmoins la mortalité sous-estimée, suspectant les autorités d'attribuer d'autres causes à des décès de patients du Covid-19.

Les explosions ou incendies accidentels et meurtriers sont relativement courants en Russie, notamment du fait de la vétusté des infrastructures mais aussi du non-respect des normes de sécurité.

(AFP)

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