Intempéries: Saint-Ursanne: «On résiste à toutes les crues»
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IntempériesSaint-Ursanne: «On résiste à toutes les crues»

Avec la décrue, les habitants de la ville jurassienne découvrent les dégâts causés mardi par le Doubs. Témoignages.

par
Vincent Donzé
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Pierrette et Jean-Pierre Barré-Marchand déblaient leur cave, résignés: «On sort tout ce qui est fichu, en espérant que la maison séchera d'ici à l'été.»

Pierrette et Jean-Pierre Barré-Marchand déblaient leur cave, résignés: «On sort tout ce qui est fichu, en espérant que la maison séchera d'ici à l'été.»

Le Matin/Jean-Guy Python
«C'est mon cadeau de bienvenue, moi qui suis là depuis deux mois! Il a fallu débrancher les congélateurs et déménager leur contenu à Porrentruy. Et la viande fraîche a pris de l'âge…», lâche le boucher Julien Lisciotto.

«C'est mon cadeau de bienvenue, moi qui suis là depuis deux mois! Il a fallu débrancher les congélateurs et déménager leur contenu à Porrentruy. Et la viande fraîche a pris de l'âge…», lâche le boucher Julien Lisciotto.

Le Matin/Jean-Guy Python
Arnold Baer affirme: «C'est habituel, mais là, on a envoyé des photos à nos petits-enfants qui regrettaient de ne pas voir ça.»

Arnold Baer affirme: «C'est habituel, mais là, on a envoyé des photos à nos petits-enfants qui regrettaient de ne pas voir ça.»

Le Matin/Jean-Guy Python

C’est leur pire inondation depuis un quart de siècle, à la rue Basse qui portait bien son nom mardi dans le vieux bourg de Saint-Ursanne (JU). «On sort de la cave tout ce qui est fichu, en espérant que la maison séchera d’ici à l’été», soupirent Pierrette et Jean-Pierre Barré-Marchand. Au bord du Doubs, dans la rangée de maisons figurant côté jardin sur toutes les cartes postales, Pierrette vit au No 24 depuis 73 ans. «Les crues étaient plus fréquentes avant qu’on ne creuse le lit de la rivière sous le pont», se souvient-elle.

Rôle éducatif

Vingt écoliers observant la décrue, ce n’était pas pour le fun, hier à Saint-Ursanne (JU), mais pour expliquer aux bambins que les pompiers combattent autant l’eau que le feu: «En voyant les pompiers, les tout-petits ont craint un incendie», explique Nicole Mamie. Mardi, il n’y avait ni récré dans la cour ni gym dans la salle: «Il fallait expliquer pourquoi», indique l’institutrice.

Après le pic enregistré mardi, le niveau du Doubs est redescendu: 271 m3/s mardi au plus fort de la crue, 241 m3/s 24 heures plus tard. Les dégâts sont alors apparus aux yeux des résidents et des commerçants. Mais c’est moins dramatique qu’en 1990 (400 m3/s).

La facture est triple, pas toujours couverte par les assurances: il y a les sols boueux à nettoyer, les objets abîmés à débarrasser, et le manque à gagner à compenser. Ainsi, à la Banque Raiffeisen, les employés ont travaillé mardi, mais les clients n’ont pas pu y accéder. L’avenir? «Un plan de revitalisation des berges est à l’étude, qui réduirait la pression des crues en zone habitable», indique Jean-Paul Lachat, maire de Clos-du-Doubs.

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