Bruxelles : Salah Abdeslam va être jugé pour les attentats de 2016 

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Bruxelles Salah Abdeslam va être jugé pour les attentats de 2016 

La cour d’assises de Bruxelles s’apprête à juger dès mercredi 10 hommes pour les attentats qui ont fait 32 morts en 2016 dans la capitale belge.

Les attentats de Bruxelles avait notamment touché l’aéroport de Zaventem, le 22 mars 2016 (photo d’archives). 

Les attentats de Bruxelles avait notamment touché l’aéroport de Zaventem, le 22 mars 2016 (photo d’archives). 

AFP

Voici un rappel du profil des neuf accusés attendus au procès des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, qui avaient fait 32 morts et des centaines de blessés. Un dixième accusé, Oussama Atar, dirigeant de cette cellule jihadiste, sera jugé en son absence car il est présumé mort en Syrie. Au total six de ces 10 accusés étaient déjà concernés par le procès-fleuve des attentats du 13 novembre 2015 en France, à Paris et Saint-Denis.

Abdeslam et Abrini, copains de Molenbeek 

Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, amis d’enfance dans la commune bruxelloise de Molenbeek, font figure de principaux accusés. Le premier est le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015 à Paris. Au procès français achevé en juin 2022, il a été condamné (comme Oussama Atar) à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français. Après ces attaques, il avait rejoint Bruxelles où il a pris part au quotidien clandestin des autres membres de la cellule qui envisageaient de frapper à nouveau. Le Français (33 ans) a été arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek. Pour les enquêteurs, son interpellation a précipité les attaques-suicides qui ont ciblé le 22 mars l’aéroport et le métro de Bruxelles.

Mohamed Abrini, déjà impliqué dans le dossier parisien (il a accompagné le «convoi de la mort» à la veille du 13 novembre), est «l’homme au chapeau» des attaques de Bruxelles-Zaventem, où il a également renoncé à se faire exploser. Une image de vidéosurveillance de l’aéroport l’a montré, bob sur la tête, en train de pousser un chariot bourré d’explosifs qu’il abandonnera avant de prendre la fuite. À Paris, ce Belgo-Marocain de 37 ans a été condamné fin juin à la perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans.

Deux «combattants aguerris» de la cellule 

Le Tunisien Sofien Ayari et le Suédois Osama Krayem ont aussi été jugés pour les attentats parisiens, écopant chacun de 30 ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers. Ayari (29 ans) et Krayem (30), complices de la fuite d’Abdeslam, sont considérés comme des maillons importants de la cellule dirigée depuis la Syrie par Atar.

Au procès du 13 novembre, les magistrats parisiens ont estimé qu’ils devaient ce jour-là commettre un attentat à l’aéroport d’Amsterdam mais qu’un «imprévu a empêché l’accomplissement de la mission». À Bruxelles, le matin du 22 mars 2016, Osama Krayem a accompagné dans le métro Khalid El Bakraoui, qui allait se faire exploser peu après dans une rame à la station Maelbeek. Krayem a rebroussé chemin, retournant se débarrasser de ses explosifs dans une planque de la commune bruxelloise d’Etterbeek.

Cinq «soutiens» dans la logistique 

Parmi les accusés déjà condamnés au procès parisien (à une peine de 10 ans de prison dans son cas) figure aussi Ali El Haddad Asufi. Ce Belgo-Marocain de 38 ans a été considéré comme un soutien logistique de la cellule. À Bruxelles, il est soupçonné d’avoir fourni des armes aux deux assaillants morts à l’aéroport: Ibrahim El Bakraoui, dont il était proche, et Najim Laachraoui. Son ADN a par ailleurs été retrouvé sur un gobelet jeté dans la rue Max Roos, au pied de l’appartement d’où sont partis ces derniers le matin des attentats. Il les aurait fréquentés jusqu’à la veille.

Comme facilitateur, chauffeur ou hébergeur, Bilal El Makhoukhi (33 ans), Hervé Bayingana Muhirwa (37) et Smaïl Farisi (38) sont également soupçonnés d’avoir apporté une aide logistique importante aux auteurs des attaques de Bruxelles. Bilal El Makhoukhi, ancien du groupe Sharia4Belgium, qui est allé en zone de guerre, et Hervé Bayingana Muhirwa, un Belgo-Rwandais converti à l’islam, sont des amis de Najim Laachraoui. L’enquête a montré que tous deux connaissaient bien l’appartement de la rue Max Roos à Schaerbeek.

Ibrahim Farisi (34), frère de Smaïl, a aussi eu ce rôle de «soutien» d’après les enquêteurs. Mais seulement en aidant Smaïl, locataire des lieux, à vider et nettoyer le 23 mars l’appartement d’Etterbeek d’où sont partis la veille vers le métro Khalid El Bakraoui et Osama Krayem. Le cadet des Farisi n’est pas jugé pour «assassinat», mais pour «participation aux activités d’un groupe terroriste», et risque aux assises jusqu’à 10 ans de prison. Tous les autres encourent la réclusion à perpétuité. 

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(AFP)

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