Covid-19 - Samia Hurst: «Les pandémies ont des fins floues»
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Covid-19Samia Hurst: «Les pandémies ont des fins floues»

À Berne, l’USAM et GastroSuisse réclament ce mardi la fin des mesures. Mais pour la vice-présidente de la task force Covid-19: «On a tellement l’impression que la fin approche, que certains la croient déjà là».

par
Eric Felley
Samia Hurst, experte en éthique biomédicale de l’Université de Genève et vice-président de la Swiss National Covid-19 Science task force.

Samia Hurst, experte en éthique biomédicale de l’Université de Genève et vice-président de la Swiss National Covid-19 Science task force.

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Comme annoncé ce week-end, plusieurs associations faîtières de l’économie ont fait une conférence de presse ce mardi à Berne pour demander au Conseil fédéral de mettre fin aux diverses restrictions encore en vigueur: certificat, télétravail, quarantaine et isolement. C’est le président de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) Hans-Ulrich Bigler, qui a mené cette conférence, à laquelle ont participé entre autres le président de GastroSuisse Casimir Platzer et la conseillère nationale Daniela Schneeberger (PLR/ZH).

Pour les participants, du point de vue sanitaire, la situation actuelle ne provoque pas une surcharge du système de santé. On ne trouve guère de patients touchés par le variant dominant Omicron qui finissent aux soins intensifs. Bref, il serait temps de tourner la page et de revenir à une vie normale et favorable à la bonne marche du commerce.

«On n’y est pas encore»

Mais leurs demandes risquent fort de ne pas être entendues. «Les pandémies ont des fins floues, ce n’est pas comme un match de foot: pas de sifflet final clair». La vice-présidente de la task force Covid-19, la Genevoise Samia Hurst, utilise cette image dans une série de tweets diffusés lundi pour évoquer la situation actuelle. Elle se montre prudemment optimiste: «Il est vraiment possible qu’on soit proche de la fin de la pandémie, tout du moins en Suisse, mais pour le moment on n’y est pas encore».

Elle ajoute que la fin d’une pandémie vient «quand le risque collectif devient suffisamment faible. Quand les hôpitaux ne sont plus en danger, quand l’accès aux soins est en sécurité. Quand le risque individuel devient maîtrisable, car chacun a la possibilité de se protéger suffisamment».

Légère montée des hospitalisations

En ce moment, après bientôt deux ans de pandémie, certains voudraient forcer le destin, mais elle constate à nouveau une montée des hospitalisations: «Elles ne montent pas vite, mais là on est obligé d’ajouter pour le moment». Elle freine les impatients: «On a tellement l’impression que la fin approche que certains la croient déjà là. Elle n’est pas encore là, car les cas augmentent et, en fait, les hospitalisations aussi».

L’endémie, «ce n’est pas tout rose»

Une fois que la pandémie sera derrière: «C’est la phase d’endémie, continue-t-elle. Quand il n’y a plus de risque collectif pour l’accès aux soins et où chacun a les moyens de se protéger. Attention, ce n’est pas tout rose. Pensez au HIV, endémique, ou à la malaria, et pas seulement au rhume». «Endémique ne veut pas dire bénin», prévient-elle. La société doit fixer alors des curseurs: quels sont les risques acceptables? Les risques de décès? À quel âge? Quel impact pour l’économie? Etc.

Comme la fin des pandémies est floue, elle insiste sur la persistance de «désaccords» sur ce que signifie un risque «acceptable». Ces désaccords, «ils ont toujours été là, mais deviennent maintenant encore plus visibles. Regardez: vous les verrez de toute part.»

Par exemple à Berne, ce mardi, lors de la conférence de presse des milieux économiques.

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