Football: San Paolo: le mythe qui tombe en ruines
Publié

FootballSan Paolo: le mythe qui tombe en ruines

Le Stade San Paolo de Naples est mythique pour bien des suiveurs du football. Mais il tombe gentiment en ruines.

par
Robin Carrel
Naples
Les entrailles du San Paolo font peur.

Les entrailles du San Paolo font peur.

Il y a bientôt 30 ans, la Coupe du monde battait son plein en Italie et le San Paolo avait été rénové pour l'occasion. Un chèque de 140 milliards de lires avait été déposé afin que l'Argentine de Diego Maradona, notamment, s'y sente comme chez elle. Sauf que, depuis, cette enceinte de quelque 60'000 places semble figée dans le temps et on se demande bien comme elle peut encore être aux normes de l'UEFA pour y accueillir le match retour des 16es de finale de l'Europa League contre le FC Zurich.

«J'ai rarement vu un stade aussi pourri.» Le sentence lâchée par Ludovic Magnin, en faisant le tour de la large fosse qui sépare les tribunes de l'immense piste d'athlétisme puis de la pelouse, prend tout son sens quand on sait que le coach vaudois du FC Zurich connaît quand même bien la Pontaise de Lausanne. Il est difficile de lui donner tort. Surtout qu'après quelques minutes d'entraînement, ses joueurs se sont retrouvés plongés dans le noir total... Si c'est une manoeuvre tactique pour les empêcher de s'entraîner correctement, c'est presque rigolo. Si c'est une simple panne, c'est bien plus inquiétant.

Ce stade avait d'abord été construit il y a 60 ans et pouvait contenir à l'époque 87'500 personnes, toutes debout. Il a ensuite été creusé dans la terre pour y ajouter un deuxième anneau et un parking sous-terrain, qui n'a plus été utilisé depuis... le Mondiale 90 et qui existe toujours. En 2007, des sièges ont été posés partout et les nouvelles normes ont réduit la capacité. Il est actuellement noté seulement 3 étoiles par l'UEFA. Ces temps, c'est la piste d'athlétisme qui est en travaux pour pouvoir y accueillir les épreuves des Universiades à l'été prochain.

Si le club du SSC Napoli veut se développer, régater financièrement et suivre le rythme infernal de la Juventus, il va devoir faire quelque chose un jour. Le président Aurelio De Laurentiis a bien menacé la Municipalité de créer sa propre enceinte à une trentaine de kilomètres du centre-ville, mais les tifosi n'accepteront jamais d'abandonner leur stade sis en plein quartier de Fuorigrotta. Des promesses ont été faites par la Municipalité pour sa rénovation, mais comme bien souvent avec les politiciens, elles semblent engager seulement ceux qui y croient.

Votre opinion