Conseil fédéral  – Sanctionner la Russie, aider les Ukrainiens: la Suisse suit sa ligne

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Conseil fédéral Sanctionner la Russie, aider les Ukrainiens: la Suisse suit sa ligne

Le Conseil fédéral a donné un nouveau tour de vis économique contre la Russie et veut activer une procédure d’accueil simple pour les réfugiés.

par
Yannick Weber
La Suisse s’associe aux strictes sanctions européennes.

La Suisse s’associe aux strictes sanctions européennes.

20min/Celia Nogler

Le Conseil fédéral reste inflexible: au grand dam des revendications de l’UDC (lire encadré), il maintient son cap et a décidé vendredi de durcir les sanctions contre la Russie, continuant de s’aligner sur celles édictées par l’Union européenne. Guy Parmelin a annoncé que la Suisse s’associait à l’exclusion du système Swift de sept banques russes.

Par ailleurs, le nombre de personnes et entreprises soumises aux sanctions économiques s’allonge: ce sont 677 personnes, dont beaucoup de membres du Parlement russe ainsi que des proches de Vladimir Poutine qui figurent sur la liste dès ce vendredi à 18h.

Moins de sanctions et moins d’accueil de réfugiés

L’UDC est le seul parti qui critique l’action du Conseil fédéral. Le parti estime que la Suisse doit s’en tenir à une plus stricte neutralité quant aux sanctions à l’égard de la Russie. De plus, il demande à ce que la Suisse opte pour une aide aux réfugiés dans les pays limitrophes de l’Ukraine, là où la majorité se trouve, plutôt que de s’associer à une répartition européenne. «La priorité doit être donnée à l’aide sur place et non à la réparation, du Portugal à la Suède, des personnes déplacées», dit l’UDC. Si des réfugiés ukrainiens devaient poser leurs valises en Suisse, l’UDC voudrait qu’ils soient hébergés de manière centralisée dans des centres fédéraux plutôt que répartis dans les cantons et chez des particuliers.

Accueil coordonné

Karin Keller-Sutter a, quant à  elle, donné des nouvelles des questions autour de l’accueil des réfugiés. Le Conseil fédéral met en consultation l’activation du statut de protection «S», qui permet aux Ukrainiens de venir en Suisse plus de 90 jours (limite actuelle avec les accords de Schengen) sans devoir passer par une demande d’asile. La question sera plus délicate pour les personnes domiciliées en Ukraine sans permis permanent là-bas et qui ne sont pas citoyens d’un permis Schengen. Celles-ci devraient par contre passer, le cas échéant, par la procédure d’asile. Le statut accordé aux Ukrainiens leur permettra, en revanche,  de pouvoir scolariser leurs enfants en Suisse pendant leur séjour ici. 

Plein gaz sur d’autres sources de gaz

Enfin, Simonetta Sommaruga s’est exprimée sur l’approvisionnement en gaz. La moitié de celui que la Suisse importe vient de Russie et les importations sont désormais compliquées. A priori, selon elle, aucune crainte de pénurie d’énergie pour cet hiver, mais il faut se préparer à l’hiver prochain. Le Conseil fédéral a décidé d’assouplir les règles afin que l'industrie gazière suisse puisse augmenter rapidement ses capacités de stockage à l'étranger, ainsi qu'à obtenir plus de gaz naturel liquide.

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