Actualisé 03.03.2016 à 02:52

Corée du NordSanctions historiques contre Pyongyang

C'est à l'unanimité que le Conseil de sécurité de l'ONU a pris des mesures contraignantes envers Pyongyang.

La Corée du Nord a été sanctionnée par l'ONU, mercredi.

La Corée du Nord a été sanctionnée par l'ONU, mercredi.

Keystone

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi une résolution qui alourdit de façon drastique les sanctions imposées à la Corée du Nord. Elle a été approuvée à l'unanimité, y compris par la Chine, seule alliée de Pyongyang.

Elle a été immédiatement saluée par le président américain Barack Obama, y voyant une réponse «ferme, unie et appropriée» à un essai nucléaire - le quatrième depuis 2006 - et un tir d'une fusée effectués respectivement les 6 janvier et 7 février par la Corée du Nord, en violation de plusieurs résolutions onusiennes.

«La communauté internationale, s'exprimant d'une seule voix, a envoyé à Pyongyang un message simple: la Corée du Nord doit abandonner ces programmes dangereux et choisir une meilleure voie pour son peuple», a ajouté le président américain dans un communiqué.

Ces sanctions «sont parmi les plus lourdes jamais adoptées contre un pays», a souligné l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft, tandis que son homologue français François Delattre saluait «des sanctions sans précédent mais ciblées».

Séoul satisfaite

La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a salué jeudi matin cette nouvelle, estimant qu'il s'agissait d'un message fort pour inciter Pyongyang à renoncer à ses ambitions nucléaires. «J'espère sincèrement que le Nord va à présent abandonner son programme de développement nucléaire et emprunter la voie du changement», a déclaré Park Geun-hye.

La présidente sud-coréenne a adopté un ton de plus en plus dur envers Pyongyang depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier et le tir le 7 février d'une fusée, largement considéré comme un test de missile balistique déguisé.

Les nouvelles sanctions «envoient un message fort de la part de la communauté internationale qui recherche la paix dans la péninsule coréenne et dans le monde», a-t-elle ajouté.

Interdictions et restrictions en masse

Pour la première fois, les pays membres de l'ONU seront tenus d'inspecter toutes les marchandises en provenance et à destination de la Corée du Nord. Ils devront aussi interdire aux navires soupçonnés de transporter des cargaisons illégales vers la Corée du Nord de faire escale dans leurs ports.

Et la résolution impose de nouvelles restrictions aux exportations nord-coréennes afin de limiter la capacité du régime à financer ses programmes militaires.

Elle interdit ainsi les exportations de charbon, de fer et de minerai de fer, sauf si les revenus générés sont utilisés pour la «subsistance» de la population nord-coréenne.

Plus de carburant

Pyongyang aura aussi interdiction de vendre de l'or, du titane et des minerais rares utilisés dans la haute technologie, et ne pourra plus se procurer de carburant pour l'aviation et pour les fusées.

La résolution renforce les restrictions bancaires existantes et les pays seront tenus de bloquer tout avion soupçonné de transporter des marchandises en contrebande vers la Corée du Nord.

La liste noire s'allonge

La liste noire des individus et entreprises sanctionnés pour leur implication dans le développement par Pyongyang d'armes nucléaires et balistiques s'allonge avec 16 personnes et 12 entités supplémentaires, dont l'agence spatiale nord-coréenne (NADA).

Les diplomates nord-coréens «impliqués dans des activités illicites» devront être expulsés et les dignitaires du régime ne pourront plus se procurer montres de luxe ou jet-skis.

Quatre séries de sanctions

La Corée du Nord est déjà sous le coup de quatre séries de sanctions internationales depuis son premier essai nucléaire en 2006 qui a été suivi par trois autres en 2009, 2013 et 2016.

Ces sanctions ne l'ont cependant pas empêchée de poursuivre sa course aux armements, soulignaient récemment des experts de l'ONU.

(ats/afp)

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