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FribourgSapins arrachés en forêt: acte gratuit ou vengeur?

Un serrurier de Courtepin (FR) a planté des résineux sur un chemin privé. Problème: des passants les arrachent sans même les emporter. Deux plaintes ont été déposées.

par
Vincent Donzé
Jean-Pierre Gremaud, un de ses plantons arrachés en mains: «Quand ceux qui courent sèment des clous aux adeptes du VTT, c'est qu'on est au Far West».

Jean-Pierre Gremaud, un de ses plantons arrachés en mains: «Quand ceux qui courent sèment des clous aux adeptes du VTT, c'est qu'on est au Far West».

Jean-Guy Python

Des sapins arrachés et jetés sur un tapis de feuilles mortes: pourquoi? Du côté de Cournillens (FR), Jean-Pierre Gremaud a acheté un lopin de forêt triangulaire. Serrurier de Courtepin, il n'avait pour seule ambition que de disposer de bois de feu pour sa consommation personnelle.

Acte gratuit ou vengeur? Les utilisateurs du sentier qui traversent sa parcelle en son milieu déracinent les plantons sans même les emporter. Jean-Pierre Gremaud en avait planté une trentaine, un geste qu'il hésite à répéter

«Quand ceux qui courent sèment des clous aux adeptes du VTT, c'est qu'on est au Far West», soupire Jean-Pierre Gremaud. Ce serrurier a payé le prix juste pour 5000 m2 de forêt convoités par des agriculteurs. Pour diversifier cette parcelle de feuillus qui brûle bien, il a planté des résineux qui font du bois de scierie et de charpente.

Présidé par la maman du conseiller fédéral Alain Berset, le club athlétique de Belfaux passe par ce sentier, à cinq mètres du tracé officiel. Mais dans cette forêt qui sert aussi de parcours fitness labélisé Helsana, les usagers sont nombreux, parfois même à moto: «C'est une vraie autoroute», résume Jean-Pierre Gremaud.

«J'attendrai que tout soit en ordre»

Son ambition était de planter des essences précieuses. À 15 francs le planton, Jean-Pierre Gremaud hésite. «Pour la diversité, j'attendrai que tout soit en ordre», dit-il. Autrement dit: que les vandales soient identifiés.

«Ceux qui ont coupé les pointes des sapins devaient savoir que ça les faisait mourir», suppose le serrurier de Courtepin. Deux plaintes ont été déposées, mais Jean-Pierre Gremaud n'a reçu aucun retour de la police.

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