Athlétisme: Sarah Atcho: «Là, ça va mieux!»

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AthlétismeSarah Atcho: «Là, ça va mieux!»

La sprinteuse lausannoise, qui a souffert de péricardite et de dépression après les Jeux de Tokyo, remonte gentiment la pente. On l’a rencontrée vendredi à Athletissima.

par
Christian Maillard
Sarah Atcho était de retour à Athletissima ce vendredi où elle a terminé troisième d’un 200 mètres «national» derrière Julia Niederberger et Leonie Pointet.

Sarah Atcho était de retour à Athletissima ce vendredi où elle a terminé troisième d’un 200 mètres «national» derrière Julia Niederberger et Leonie Pointet.

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La gloire qui surgit parfois par surprise est plus grande encore quand elle se conquiert sur rendez-vous. C’est ce que se dit aujourd’hui Sarah Atcho qui, à 27 ans, court désormais dans l’ombre, dans de petites épreuves de meeting, après le temps perdu.

La sprinteuse vaudoise, qui faisait encore partie du relais helvétique en 2020 avec Mujinga Kambundji, Alja Del Ponte et Salome Kora, avec ces filles qui ont remporté le relais du 4 x 100 féminin ce vendredi soir à la Pontaise avec Géraldine Frey, remonte gentiment la pente. Mais qu’il est long ce chemin vers la lumière. «S’il y a vraiment un tunnel, j’aimerais bien qu’on me le montre bientôt!» se marre la Vaudoise, troisième d’un 200 mètres «national», avec un maillot du Lausanne-Sport, lors de cette 47e édition d’Athletissima, elle qui avait l’habitude de briller sous les projecteurs, il y a encore trois ou quatre ans.

«Je cours pour moi et je me relance pour le plaisir, parce que si on attend que les choses se passent, ça ne se fait pas.»

Sarah Atcho, 3e d’une compétition nationale, vendredi à Athletissima

«Je suis là et j’en profite sans penser à ce qui s’est passé avant, sourit-elle. Je cours pour moi et je me relance pour le plaisir, parce que si on attend que les choses se passent, ça ne se fait pas. Il faut avancer et à Lausanne il n’y a rien de mieux.» Il y a forcément de la rancœur dans sa voix. Mais aussi beaucoup d’optimisme. «Mon but est de finir gentiment la saison sans forcément me prendre trop la tête avec des séances trop compliquées. Il me reste encore une ou deux courses et après ce sera fini pour 2022.»

Sarah Atcho faisait encore partie de ce relais 4 x 100 m avec Marisa Lavanchy, Lea Sprunger et Mujinga Kambundji lors des Européens à Zurich en 2014.

Sarah Atcho faisait encore partie de ce relais 4 x 100 m avec Marisa Lavanchy, Lea Sprunger et Mujinga Kambundji lors des Européens à Zurich en 2014.

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Mais que s’est-il passé pour qu’elle soit reléguée ainsi dans l’arrière-boutique de son meeting? «J’ai eu un problème cardiaque qui m’a mis à plat durant deux mois», explique-t-elle.  L’athlète du LS a souffert d’une péricardite (une inflammation de la membrane recouvrant le cœur) en décembre 2021, cinq jours après avoir reçu sa 3e dose de vaccin contre le Covid-19. Un coup dur qui suivait une opération à un genou et une dépression juste après les JO de Tokyo en 2021. Cela fait beaucoup pour une seule femme!

«J’ai rarement été aussi frustrée de ma vie.»

Sarah Atcho, à propos de son éviction du relais lors des JO de Tokyo 

Mis à l’écart du relais au détriment de Riccarda Dietsche, son cerveau, comme elle l’a écrit sur les réseaux sociaux, n’avait pas tenu. «J’étais au fond du bac. J’ai rarement été aussi frustrée dans ma vie», avoue-t-elle, avec ce sentiment d’injustice toujours au fond de la gorge. 

On lui avait enlevé son équipe avec laquelle elle avait terminé 4e aux Européens de Berlin 2018 et aux Mondiaux de Doha 2019, une partie de sa famille. Du coup, elle a eu besoin d’une aide psychologique. «Et là ça va mieux», assure-t-elle, un large sourire sur son visage. «J’ai eu beaucoup de plaisir à voir les Européens à la télé, où j’ai vibré tous les jours, et mes copines vendredi soir à Athletissima, même si en regardant le relais du 4 x 100, des images ont repassé dans ma tête avec pas mal de frustration. Mais ce n’est pas moi qui prends des décisions…»

Sarah Atcho a retrouvé le sourire.

Sarah Atcho a retrouvé le sourire.

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Or Sarah Atcho sait que le talent a souvent le dernier mot et qu’elle a désormais le mental pour revenir dans cette équipe nationale, au plus haut niveau. «Je vais repartir à «un million de pourcent» pour 2023 et 2024. Ce sont deux années super importantes pour moi, où je n’ai pas le droit à l’erreur, pas le droit à une seule blessure, sinon ce sera fini pour moi. Je sais que je vais devoir me donner à fond.»

Elle a déjà retrouvé la banane. Qui sait, la gloire surgit parfois par surprise…

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