15.10.2020 à 20:12

AthlétismeSarah Atcho voulait «sortir de sa zone de confort»

La sprinteuse lausannoise a rejoint le groupe d'entraînement de Jacques Borlée en Belgique. Elle détaille les raisons de son choix.

par
Jérémy Santallo
La réussite d’Ajla Del Ponte (à droite), sa partenaire  sous le drapeau suisse, a aussi poussé Sarah Atcho à partir pour l’étranger.

La réussite d’Ajla Del Ponte (à droite), sa partenaire sous le drapeau suisse, a aussi poussé Sarah Atcho à partir pour l’étranger.

KEYSTONE

Friande des réseaux sociaux et notamment d’Instagram, Sarah Atcho avait annoncé la couleur à ses abonnés mardi soir: elle quittait la Suisse et sa base d’entraînement de Saint-Gall pour un nouveau défi à l’étranger.

De fait, la Vaudoise de 25 ans a décidé de rallier la Belgique et le groupe Borlée (elle sera sous la houlette du père Jacques et s’entraînera avec les jumeaux Jonathan et Kevin, ainsi que le cadet, Dylan, tous spécialistes du 400 mètres), renforcé depuis cet été par l’arrivée de Guy Ontanon, l’ancien entraîneur, entre autres, des athlètes français Jimmy Vicaut et Christine Arron. Elle évoque sa réflexion à l’heure du choix.

Sarah, où êtes-vous?

Je suis arrivée dimanche en Belgique, et je m’entraîne à Louvain-la-Neuve. J’ai fait trois jours seule à la maison, même si je n’a pas eu besoin de faire de quarantaine car j’ai déjà eu le coronavirus il n’y a pas si longtemps. Mais là ça va mieux, et je me réjouis de commencer les choses sérieuses. D’ailleurs, elles ont débuté ce matin (ndlr: jeudi)!

Et donc, vos impressions à chaud?

C’est vraiment cool! J’ai pu discuter avec Jacques et nous sommes sur la même longueur d’ondes donc je pense que cela va durer entre nous. Le niveau de professionnalisme est assez impressionnant, ils ont tous cette philosophie dès le départ de se dire «on s’entraîne pour être les meilleurs, etc…» et c’est vraiment chouette. D’ailleurs, c’est peut-être quelque chose qui nous manque en Suisse.

Quel était le contenu de cette première séance?

C’était de la musculation à 100% donc demain (ndlr: vendredi), il y a des chances que je ne puisse plus marcher (rires). Je suis venue pour me pousser et montrer que je ne suis pas la petite Suissesse qui ne sait rien faire, j’essaie de me montrer, pourquoi pas d’impressionner, et de faire ma place. Je suis plus dans la vitesse alors qu’eux sont plus des coureurs de 400 mètres. On peut bien se compléter et se tirer mutuellement vers le haut.

Comment est née l’idée d’un départ là-bas?

C’est Laurent Meuwly (ndlr: son ex-coach qui accompagne désormais Léa Sprunger et Ajla Del Ponte), la personne en qui j’ai le plus confiance, qui m’a conseillé de partir en Belgique. Il me connaît vraiment très bien et pour lui, c’était comme une évidence ma venue ici. Jacques et Laurent ont beaucoup de choses en commun, dans leur façon d’entraîner et leur méthode de travail. Donc dès que Laurent m’en a parlé, sans hésiter, cela s’imposait.

Est-ce que l’explosion récente de Del Ponte (après son départ pour l’étranger) a pesé dans la balance?

Franchement, c’était une belle surprise les performances d’Ajla cette saison. J’avais décidé de partir avant qu’elle n’enchaîne les grandes performances mais c’est vrai que cela m’a clairement conforté dans mon choix. Et dans un sens, de la voir tenter sa chance et réussir aux Pays-Bas, cela m’a sans doute poussé à sortir de ma zone de confort, afin de voir si ça peut payer pour moi aussi.

Et la présence de Guy Ontanon?

J’y serai allée de toute façon juste avec les frères Borlée mais ça m’a rassuré de savoir que j’allais travailler avec Guy. Je ne suis pas une coureuse de 400 mètres et je me demandais parfois si je n’allais pas me perdre un peu là-dedans, si j’allais pouvoir me faire ma place de sprinteuse. Mais là, se dire qu’il sera là pour superviser et donner des impulsions différentes, cela m’a rassuré dans mon choix. Après, pourquoi pas passer un jour sur du 400m, c’est le meilleur groupe je pense pour effectuer cette transition, mais c’est une vision à plus long terme.

Quel est votre programme pour les prochaines semaines?

On doit partir en camp d’entraînement mais on ne sait pas encore où. L’Afrique du Sud, c’est fichu, pourquoi pas Tenerife mais c’est compliqué avec les restrictions dues au coronavirus. Cela devient un peu pesant car on ne peut pas s’entraîner sereinement dans ces conditions. Mais on va trouver une solution.

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1 commentaire
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sprint

16.10.2020 à 11:00

Vu l'éclosion actuelle de nombreuses et nombreux athlètes, ne pourrions-nous pas créer un centre de formation en Suisse et ne pas obliger ces jeunes gens de s'installer en Belgique ?