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Ski freestyleSarah Höfflin: «Ce n’est pas mauvais de se rater»

La slopestyleuse genevoise est passée à côté du premier rendez-vous de la Coupe du monde, en Autriche. Bien que frustrée, elle refuse de sombrer dans le négativisme.

par
Brice Cheneval
Sarah Höfflin a raté son entrée en lice en Coupe du monde de slopestyle.

Sarah Höfflin a raté son entrée en lice en Coupe du monde de slopestyle.

KEYSTONE

Elle attendait le début de la Coupe du monde depuis de nombreux mois. De son propre aveu, Sarah Höfflin ne s’était «jamais sentie autant prête». Entre l’arrêt prématuré de la saison dernière, le confinement et le coup d’envoi tardif de l’édition 2020-2021, la Genevoise a eu tout le temps qu’elle souhaitait pour se préparer au mieux.

Le premier rendez-vous a eu lieu vendredi, à Stubai (Autriche). Et malgré sa motivation, la slopestyleuse - tenante du Globe de cristal de la spécialité - est totalement passée à côté de son sujet. Elle ne figurait même pas sur la ligne de départ en finale, après avoir raté ses qualifications. «Lors de mes deux manches, je me suis foirée sur les premiers blocs, déplore-t-elle. C’est une énorme déception, car je me sentais super bien, physiquement et mentalement. J’ai fait tout ce qu’il fallait.»

Stress et manque de chance

Ce faux départ n’est donc pas imputable à une préparation défectueuse. La championne olympique en titre livre une première clé: «J’étais assez stressée au départ, car j’ai tellement bossé pour être prête…»

Toutefois, elle n’accorde pas plus de crédit à cette piste qu’à un simple manque de chance. «Je me demande souvent si le stress est bon ou mauvais pour moi. Mais je n’ai pas l’impression que ça joue beaucoup, en définitive. Il y a des fois où je m’en sors bien en étant stressée, et d’autres où cela me fait déjouer. Pareil quand je ne le suis pas. Il n’y a pas de règle. La chance joue aussi beaucoup. Chaque compétition est différente, y compris quand ça se déroule au même endroit.»

«Cela me donne le feu pour avancer et me redonne de la motivation»

Sarah Höfflin

Même à 29 ans et du haut de sa riche expérience de la victoire, Sarah Höfflin se cherche encore. «Je me pose plein de questions sur ce qui me fait gagner. Et je n’en sais rien. Je pensais avoir les clés, mais je ne les ai pas», philosophe-t-elle.

En revanche, il y a une chose dont elle est certaine: son échec en Autriche va la galvaniser. «Je vais en tirer les leçons. Ce n’est pas non plus mauvais de se rater, cela me donne le feu pour avancer et me redonne de la motivation.»

La saison s’annonce chaotique

Il en faudra un paquet pour affronter cette saison qui s’annonce au mieux particulière, au pire infernale, à cause de l’incertitude liée à la pandémie. «Il n’y a pas beaucoup de compétitions cette année, certaines vont être annulées… On est dans le doute, confie Höfflin. Même là, on n’était pas sûr à 100% qu’on pourrait venir en Autriche. Je trouve cela dramatique pour le sport, mais personnellement, ça ne me gêne pas. Dans notre discipline, on doit souvent s’adapter aux conditions, on est habitué à tout faire à la dernière minute. Et cela me permet de découvrir le ski différemment, de découvrir des endroits – par exemple, je ne connaissais pas Stubai – et de me consacrer à d’autres projets.»

Cette ouverture, on la retrouve également dans les ambitions de la Genevoise: «J’aimerais continuer à faire des podiums, au minimum. Le Globe de cristal de slopestyle? Aussi, mais vu que j’ai foiré la première sortie ce n’est pas le top (rire). Le Globe, ce n’est pas tout non plus. Il n’y a pas que ça à viser. Et j’en ai déjà eu deux… J’essaye aussi de faire des manches plus difficiles par rapport à l’an passé. Il y aura donc des compétitions où je vais passer à travers, c’est normal.»

«Le Globe, ce n’est pas tout non plus. Il n’y a pas que ça à viser. Et j’en ai déjà eu deux…»

Sarah Höfflin

Höfflin a surtout le regard tourné vers trois événements. À commencer par l’étape de Coupe du monde à Kreischberg (Autriche), les 7 et 8 janvier, date de son 30e anniversaire. Suivront les X-Games – «La compétition que je préfère, elle n’a pas encore été annulée donc je croise les doigts» - à Aspen (États-Unis) fin janvier, et les championnats du monde en Chine, censés se dérouler en février.

Si le Covid-19 ne vient pas mettre son grain de sable, Sarah Höfflin aura de beaux défis à relever cet hiver.

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1 commentaire
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Onan Amar

24.11.2020 à 12:11

Qui est cette illustre inconnue ?