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UMPSarkozy: «Ce n'est pas ma rentrée politique»

Nicolas Sarkozy a assuré lundi que l'heure n'était pas venue pour lui d'une rentrée politique. Il a affirmé devoir prendre ses «responsabilités» après l'invalidation de ses comptes de campagne.

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Nicolas Sarkozy, le 3 juin 2013.

Nicolas Sarkozy, le 3 juin 2013.

AFP
Nicolas Sarkozy lors de son départ de l'UMP, le lundi 8 juillet.

Nicolas Sarkozy lors de son départ de l'UMP, le lundi 8 juillet.

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Nicolas Sarkozy lors de son départ de l'UMP, le lundi 8 juillet.

Nicolas Sarkozy lors de son départ de l'UMP, le lundi 8 juillet.

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L'ancien président français Nicolas Sarkozy a assuré lundi devant les cadres de son parti UMP que l'heure n'était pas venue pour lui d'une rentrée politique. Il a en revanche affirmé devoir prendre ses «responsabilités» après l'invalidation de ses comptes de campagne, qui met l'UMP dans le rouge.

«Ceci n'est pas ma rentrée politique. Le jour où je reprendrai la parole ce sera pour parler aux Français de la France», a déclaré l'ancien président devant le bureau politique de l'UMP. Ce dernier est réuni quatre jours après la confirmation par le Conseil constitutionnel du rejet de ses comptes de campagne présidentielle.

Cette invalidation, au motif que les comptes de campagne du candidat de la droite excédaient le plafond autorisé, prive le parti de droite d'un remboursement de l'Etat de près de onze millions d'euros.

Cette décision met en péril les finances de l'UMP, déjà en difficulté financière après sa défaite aux législatives de juin 2012. Le parti a immédiatement lancé «une grande souscription nationale» et annoncé dimanche avoir collecté «plus de deux millions d'euros» en moins de trois jours.

Dès l'annonce du Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne siégerait plus dans cette instance dont il est membre de droit en tant qu'ancien président, «afin de retrouver sa liberté de parole».

«Témoignage de solidarité»

Cette information, et l'annonce qu'il se rendrait à la réunion extraordinaire à huis-clos du bureau de l'UMP, avait été interprétée par les médias comme une étape vers le retour en politique de l'ancien président. Il s'est abstenu de s'exprimer publiquement depuis sa défaite face au socialiste François Hollande en mai 2012, consacrant son temps à des voyages et des conférences à l'étranger.

Mais l'ancien ministre Brice Hortefeux, un proche parmi les proches, avait assuré que la démarche de M. Sarkozy devait «être comprise comme un témoignage de solidarité», et «en aucun cas un retour à la vie politique».

«Le jour où je voudrai (revenir), je vous préviendrai», a lancé lundi M. Sarkozy, selon ses propos retransmis sur son compte twitter. Il a encore jugé «indécent» d'évoquer l'élection présidentielle de 2017 dans un contexte de crise économique.

Idéal européen prioritaire

Il a affirmé vouloir continuer son «chemin avec le souci du recul, de la réflexion, de l'écoute, de la paix» dont il dit avoir «besoin après tant d'années d'exposition», avant de distiller quelques réflexions sur la «crise des idées politiques». Il a mis au rang de ses priorités la préservation de «l'idéal européen».

Evoquant le discours sur l'Europe que devrait tenir son parti à l'approche des élections européennes de juin 2014, l'ancien chef de l'Etat a été clair: «Il ne faudra pas hésiter à ce que l'Union européenne rende des compétences», a-t-il dit, selon des propos rapportés par des membres du parti.

«Elle exerce trop de compétences dans trop de domaines où elle n'a rien à faire, rien à dire, rien à apporter. L'Europe qui s'élargit doit réduire ses compétences», a-t-il affirmé.

Horizon judiciaire

Avant de faire sa rentrée politique en bonne et due forme, l'ex-président attend aussi probablement d'y voir plus clair sur son horizon judiciaire. Dans l'affaire Bettencourt, le parquet a requis un non-lieu alors qu'il était soupçonné par les juges d'avoir commis un abus de faiblesse sur l'héritière des cosmétiques l'Oréal pour financer sa campagne de 2007.

Mais d'autres dossiers restent menaçants, au moins politiquement. L'enquête sur la décision de l'Etat de recourir à un arbitrage dans l'affaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais (qui a abouti à l'octroi de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires) se rapproche de ses plus proches collaborateurs après plusieurs mises en examen pour «escroquerie en bande organisée».

D'autres juges enquêtent sur des accusations de financement libyen de sa campagne de 2007 ou sur la régularité de nombreux sondages commandés sous sa présidence.

(ats)

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