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ParisSarkozy inaugure son QG , au milieu des «classes moyennes»

Nicolas Sarkozy a inauguré samedi son QG de campagne au 18 rue de la Convention, dans le XVe arrondissement, un quartier dont il a justifié le choix parce qu'il est peuplé, selon lui, de «classes moyennes».

L'entrée du QG, d'une surface totale de près de 600 m2.

L'entrée du QG, d'une surface totale de près de 600 m2.

AFP

Le candidat UMP a aussi dévoilé l’organigramme de sa campagne, confirmant le nom de Nathalie Kosciusko-Morizet comme porte-parole, qui du coup va abandonner sa casquette de ministre de l'Ecologie.

Pour éviter un remaniement, son ministère va être rattaché directement à Matignon. La jeune ministre (38 ans), dont la promotion n'a pas fait que des heureux dans les rangs de l'UMP, «incarne cette nouvelle génération que je souhaite voir s'engager puissamment dans la vie politique», a justifié Nicolas Sarkozy. Elle est «ferme dans ses convictions et en même temps n'est pas agressive. C'est exactement la campagne que l'on veut mener», a-t-il ajouté.

Un QG «spartiate»

Arrivé à pied, le candidat UMP, vêtu d'un col roulé noir sous une veste de même couleur, s'est offert un bref bain de foule parmi plusieurs dizaines de supporteurs qui l'attendaient en scandant «Paris avec Sarko !».

Interrogé sur le choix de cet arrondissement il a déclaré : «C'est un quartier de classes moyennes»; «les gens à qui je veux parler d'abord». L'expression a fait bondir certains dans l'opposition, qui n'ont pas manqué de souligner, comme le député PS Jean-Marie Le Guen, que le prix des logements dans l'arrondissement - «un deux pièces se loue rarement en dessous d'un smic par mois» - le rendait largement inaccessible à une grande majorité de Français.

«C'est exactement entre mon domicile et l'Elysée, comme ça je passerai le matin avant d'aller au bureau», a aussi justifié le chef de l’État.

Le QG, d'une surface totale de près de 600 m2 sur les deux premiers niveaux d'un bâtiment des années 1960 près de la Seine, est loué pour 18'000 euros par mois à la maison de disques EMI. Sa taille et son aspect modestes sont clairement un argument de campagne quand le QG de son principal rival François Hollande affiche 1000 m2 dans le plus chic VIIe arrondissement.

Nelson Mandela et Johnny

«On m'a dit 'ah c'est pas grand'... Bah oui, on n'a pas besoin de grands bureaux», a lâché le candidat. «Quand on a des grands bureaux c'est qu'on a envie de rester dans les bureaux. Nous, on veut aller sur le terrain, à la rencontre des Français».

Même chose pour l'équipe de campagne, plutôt resserrée. «Je ne veux pas d'un état-major pléthorique, d'une équipe pléthorique, où chacun se bat pour les titres. Nous n'avons aucun titre à distribuer, aucune place à promettre...», a-t-il dit.

L'organigramme du candidat PS, qui a pris soin de ménager toutes les sensibilités de la rue de Solférino, est régulièrement moqué par l'UMP comme celui d'une «armée mexicaine». Invité à commenter la disposition des locaux, le candidat UMP a lâché : «Je trouvais que c'était une bonne idée d'être au rez-de-chaussée. Je n'avais pas envie d'être enfermé. J'ai été enfermé suffisamment, maintenant j'ai envie d'en profiter».

Après une brève visite des locaux et une déclaration à la presse, le président-candidat est reparti en serrant de nouveau des mains parmi ses supporteurs. Chargée de la stratégie, Emmanuelle Mignon dispose d'un bureau, comme Guillaume Lambert, directeur de campagne, ainsi que la porte-parole, «NKM».

Dans le bureau du candidat, deux canapés en cuir blanc encadrent une télévision. Aux murs, plusieurs photos, dont une de lui et son épouse Carla Bruni-Sarkozy en Afrique du Sud aux côtés de Nelson Mandela. Dans la bibliothèque, un livre de Raymond Depardon et un coffret de disques, «Les 100 plus belles chansons de Johnny Hallyday».

(AFP)

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