Animaux: Sauver les hérissons, ça ne s'improvise pas

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AnimauxSauver les hérissons, ça ne s'improvise pas

Une Valaisanne enseigne l'art de recueillir et soigner cet animal en voie d'extinction avec son association «Sauve Qui Pique».

par
Laura Juliano

Une vingtaine de volontaires se sont réunis à l'Auberge de la gare de Conthey (VS) mercredi pour suivre un cours pour sauver des hérissons.

Tout a commencé le jour où Florence Girard, nutritionniste au studio Florelife à Conthey (VS) a trouvé un hérisson blessé dans son jardin. Prête à tout pour lui sauver la vie, elle a cherché de l'aide auprès de différents vétérinaires et associations suisses. En vain. «Personne ne voulait m'aider car c'était un animal sauvage et il ne fallait pas y toucher, regrette-t-elle. Mais je n'étais pas d'accord. Je ne voulais pas le laisser comme ça.»

Prise d'attachement pour ce petit mammifère, aujourd'hui en voie d'extinction, la Valaisanne a alors décidé en 2016 avec l'accord du Vétérinaire cantonal de fonder l'association «Sauve Qui Pique». Objectif? Former la population aux bons gestes pour recueillir un hérisson en danger, le soigner et le relâcher dans la nature.

Pas de lait, mais des croquettes pour chat

Régulièrement confrontés à ce problème, des volontaires se sont réunis mercredi dans un restaurant de la ville. Au programme: deux heures de formation mêlant théorie et biberonnage. Car devenir famille d'accueil, ça ne s'improvise pas. L'animal sauvage requiert des soins très particuliers et un seul geste maladroit peut lui être fatal, aussi bienveillant soit-il. Par exemple, «lui donner du lait de vache peut le tuer. Ou encore, toucher un bébé sans mettre de gants peut amener sa mère à le manger, car elle se sentira menacée par son odeur», avertit Florence Girard.

Alors que faire si l'on trouve un hérisson mal en point? Les premiers gestes recommandés par l'experte consistent à le placer dans une boite percée avec une bouillotte, lui donner de l'eau et des croquettes pour chat, puis d'appeler l'association.

Et bien que ces petites boules de piques aient des bouilles irrésistibles, s'en occuper n'est pas de tout repos. «Un bébé hérisson doit être biberonné toutes les deux heures jour et nuit, on doit l'aider à faire ses besoins et le réchauffer en permanence pour lui éviter l'hypothermie, souligne-t-elle. Donc ce n'est pas un jeu, ça demande du temps et de l'énergie.»

L'Homme comme premier prédateur

«Le hérisson est très mal connu, note Florence Girard. Il est souvent craint pour ses piques et réputé grouillant de vermine. Mais en le prenant avec précaution, on ne risque rien. La présence de parasites n'est pas systématique et il existe des gestes simples pour l'en débarrasser».

L'association espère sensibiliser la population à la beauté de cet animal et à sa fragilité dans la mesure où l'humain reste son premier prédateur. «Il n'y en aura peut-être plus dans 20 ans, s'attriste-t-elle. Ce qui les tue, ce sont les voitures, les filets de vigne, les débroussailleuses, les tondeuses automatiques, les pesticides et les anti-limaces. Donc c'est à nous aussi de le protéger en commençant par faire attention de ne pas lui nuire.»

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