Lac de Neuchâtel: Sauvetage d’un paddle dans des vagues de deux mètres
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Lac de NeuchâtelSauvetage d’un paddle dans des vagues de deux mètres

En pleine tempête Luis, la Société de sauvetage du Bas-Lac est intervenue dans des éléments déchaînés, avec des vents soufflant à 115 km/h.

par
Vincent Donzé
Intervention samedi au large de Serrières (NE).

Intervention samedi au large de Serrières (NE).

S. Kobel, team SSBL

Des vagues de deux mètres, des vents de 115 km/h: les conditions étaient plus que sportives samedi sur le lac de Neuchâtel, la faute à la tempête Luis. La Société de Sauvetage du Bas-Lac a été engagée au large de Serrières pour porter secours à une personne en détresse sur son paddle board.

À l’entraînement samedi sur le plan d’eau, les sauveteurs étaient rapidement sur place pour porter secours à une adepte du paddle board, un kilomètre au moins au large des rives. «Elle ne gérait plus les éléments déchaînés», rapporte Sébastien Fahrni, président de la SSBL.

Un groupe de dix était parti de Cortaillod pour s’entraîner à descendre dans le vent et les vagues, avec St-Blaise pour objectif. Quatre ont réussi, cinq ont regagné la rive par leurs propres moyens, une a paniqué.

Plus serrées

La force du vent a-t-elle été sous-estimée? Sébastien Fahrni apporte des éléments de réponse: «Les rafales sont plus fortes sur l’eau que sur la rive, puisque le vent n’est freiné par aucun obstacle. On peut être habitué à l’océan, mais sur un lac, les vagues sont plus serrées».

«La personne est tombée plusieurs fois de sa planche et a perdu beaucoup d’énergie à tenter d’y remonter. Elle a ensuite été prise par le froid et des crampes, n’arrivant plus pu lutter», détaillent les secouristes pour qui la rescapée doit son salut à deux facteurs. Primo: la lanière qui le reliait à sa planche. Secundo: l’informateur de la rive qui a compris l’urgence de la situation et a appelé le 117.

Après avoir été prise en charge par les sauveteurs et réchauffée durant plus d’une heure dans le bâtiment du sauvetage, la rescapée «bien fatiguée» était consciente d’avoir échappé au pire. Elle a pu regagner son domicile.

Un adepte du paddle ne gérait plus les éléments déchaînés.

Un adepte du paddle ne gérait plus les éléments déchaînés.

SSBL

Conseil de la Société de sauvetage du Bas-Lac: «Attention, ne soyez pas téméraires! Ayez la sagesse de renoncer devant une nature qui se déchaîne pareillement. La puissance des éléments sur le plan d’eau peut prendre des proportions qui dépassent ce à quoi on s’attend».

Alors qu’habituellement la période hivernale est calme en termes d’engagements, la SSBL a enregistré une demi-douzaine d’alarmes depuis le début de l’année. «Les adeptes sont bien équipés pour les conditions hivernales», remarque Sébastien Fahrni.

Ligne virtuelle

Une convention signée avec l’État de Neuchâtel en 1976 et renouvelée en 2004 avec le Service d’incendie et de secours (SIS) de la Ville de Neuchâtel attribue à la SSBL l’organisation du sauvetage à l’est d’une ligne virtuelle entre Champréveyres (NE) et Cudrefin (VD).

Pendant la saison estivale, ses sauveteurs portent assistance à des navigateurs en difficultés, principalement en raison du mauvais temps. L’augmentation de 35% constatée l’an dernier est attribuée par Sébastien Fahrni à une «suroccupation» du lac de Neuchâtel.

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