Actualisé 02.12.2014 à 19:19

Naufrage du ConcordiaSchettino: «J'ai regardé le radar de manière fugace»

L'ex-capitaine Francesco Schettino a raconté minute par minute mardi à son procès les circonstances ayant précédé le naufrage du paquebot «Concordia» qui a tué 32 personnes.

Francesco Schettino a donné sa version des faits ce mardi 2 décembre lors de la reprise de son procès.

Francesco Schettino a donné sa version des faits ce mardi 2 décembre lors de la reprise de son procès.

AFP

Francesco Schettino s'est efforcé d'apparaître comme un commandant mal informé par son équipage.

«Personne ne m'a rien dit», a répété à plusieurs reprises l'ex-capitaine. Il a, certes, reconnu être le premier responsable en tant que commandant du navire. Mais sa ligne de défense n'a pas varié en dépit d'une reconstitution minutieuse des instants ayant précédé le drame, le 13 janvier 2012 à 21h45 et des enregistrements effectués sur la passerelle cette nuit-là, et diffusés au procès.

Le naufrage a été provoqué par la volonté de raser l'île de Giglio, au large de la Toscane, a reconnu Francesco Schettino.

Faire plaisir aux membres de l'équipage

Mais il s'agissait selon lui de faire plaisir à des membres d'équipage de Costa Croisières, armateur du «Concordia», et originaires de l'île. Il n'était, toujours selon l'ex-capitaine, pas question d'impressionner une danseuse moldave, présente ce soir-là sur la passerelle.

L'ex-commandant a ainsi raconté être remonté du restaurant vers 21h30 pour assister à cet hommage, dont il comptait laisser le commandement à son second. Pourtant, il demande dès son arrivée que le pilote automatique soit désactivé. Il parle au téléphone avec un commandant de Costa originaire de l'île, lui demandant en passant s'«il y a de l'eau» à moins de 0,3 mille des côtes. Il prend alors le commandement.

«De manière fugace»

Pour le procureur, Alessandro Leopizzi, c'est la preuve qu'il comptait bien se rapprocher au plus près de l'île, alors que la route définie restait à au moins 0,5 mille.

«J'ai regardé le radar de manière fugace», assure l'ex-capitaine. Un adjectif que le procureur ne manquera pas de relever à plusieurs reprises. Francesco Schettino explique que pour lui, il n'y a alors aucun doute, le paquebot de 115'000 tonnes est sur la route qui a été tracée, décidée et acceptée par tout l'équipage. Les autres officiers de quart étaient devant les mêmes écrans radars que lui, souligne-t-il.

Vingt ans de prison requis

Pourtant, le bateau était clairement hors de sa route, assure le procureur. Oui, il avait «quatre minutes de retard» sur la manoeuvre indispensable de virement vers tribord, qui devait lui éviter de percuter l'île, a reconnu l'ex-commandant. Mais à ce moment-là, assure-t-il, il n'en savait rien.

Pourquoi s'inquiéter, «puisque j'étais sûr d'appliquer le plan de route qui avait été décidé. C'est ça la vérité», s'est-il défendu, pressé de questions par le procureur Alessandro Leopizzi, auquel il répondait pour la première fois depuis l'ouverture de son procès en juillet 2013 à Grosseto (Toscane).

En marge de l'audience, un autre procureur, Francesco Verusio, a déclaré à l'Ansa, l'agence de presse italienne, qu'il envisageait de requérir plus de 20 ans de prison contre l'ancien capitaine. Celui-ci est voué aux gémonies pour avoir avoir abandonné son navire alors en train de couler, et ses 4200 passagers et membres d'équipage, dont 32 sont morts.

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!