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Hockey sur glaceSchneeberger: «Je ne jouerai pas avec Lausanne»

Noah Schneeberger semble trop blessé pour évoluer avec GE Servette, mais pas assez pour patiner en LNB. Décryptage d'une drôle de situation.

par
Frédéric Lovis
Noah Schneeberger refuse de patiner avec le LHC.

Noah Schneeberger refuse de patiner avec le LHC.

Georges Cabrera

La fin de l'expérience genevoise de Noah Schneeberger vire à l'aigre. D'un côté, il y a un staff technique «grenat» persuadé d'une chose: quelques matches en LNB avec Lausanne feraient le plus grand bien à un défenseur affirmant être remis d'une blessure au ménisque qu'il traîne depuis le 2 décembre. De l'autre, il y a un joueur ne voulant pas entendre parler de cette éventualité.

«Il a besoin de retrouver le rythme de la compétition, estime Chris McSorley. Nous sommes convaincus que quelques matches avec Lausanne lui seraient bénéfiques. Le problème? Il ne veut pas en entendre parler. Nous sommes en désaccord avec sa décision et nous la regrettons.»

«Mon genou est guéri»

Pour défendre sa position, l'Emmentalois a son caractère bien trempé. Et un contrat écrit noir sur blanc. «Il stipule que j'ai signé pour porter le maillot de Genève. De ce fait, je ne jouerai pas avec Lausanne», tranche un garçon de 23?ans bien décidé à braver l'avis de ses dirigeants. Au risque de provoquer des sanctions à son encontre.

La première d'une série qui pourrait se prolonger jusqu'au terme de la saison et de son contrat avec GE Servette, vu les blocages importants décelés dans l'affaire, est sans doute tombée dimanche. Elle peut être qualifiée d'étonnante. Alors que Noah Schneeberger, licence B en poche, avait été déclaré apte pour rejoindre Malley samedi afin de défier Ajoie (perspective qu'il a clairement refusée), il figurait, le lendemain, dans la liste des blessés quand GE Servette était appelé à affronter Bienne. «Je peux vous garantir que mon genou est guéri, et ce depuis une semaine au moins. Je ne ressens aucune douleur», souffle pourtant le défenseur.

Dès lors, pourquoi figurait-il, il y a trois jours au Stade de Glace, aux côtés des Daniel Vukovic, Eric Walsky et Paul Savary sur la liste des blessés? «C'est la décision du médecin du club. Il ne lui a pas donné son feu vert», répond Chris McSorley.

A le voir transpirer, visiblement sans gêne aucune, hier lors de la première pratique de la semaine, à l'entendre claironner qu'il se sent suffisamment en forme pour jouer en LNA, cette situation surprend. Elle surprend aussi un joueur patinant sans douleurs, mais marchant sur des œufs quand l'affaire est évoquée. «Moi, je me sens apte à jouer en LNA, c'est tout», se contente-t-il de réaffirmer haut et fort.

D'international à banni

Au moment ou deux des quatre défenseurs «grenat» valides aux yeux de la Faculté amassent des temps de jeu hallucinants (36'01 pour Brian Pothier et 33'26 pour Goran Bezina, samedi à Bienne), Chris McSorley se passe d'un joueur ne demandant qu'à soulager des coéquipiers surutilisés. «Ce n'est pas moi qui décide», soupire Noah Schneeberger.

En l'espace de 12?mois, il est ainsi passé du statut d'international figurant dans le cadre élargi de l'équipe de Suisse à celui de joueur mis de côté aux Vernets. «Ma situation sportive n'est pas bonne, car un hockeyeur professionnel n'a qu'un but: jouer. Cette expérience me sera cependant utile par la suite», philosophe un défenseur dont certains affirment qu'il n'a pas réussi à se fondre dans le système prôné par Chris McSorley. «Peut-être», botte en touche Noah Schneeberger.

Questions sans réponse

Verrait-il d'autres raisons susceptibles d'expliquer le désamour dont il semble être victime? «Je ne souhaite pas en parler.» A-t-il cherché le dialogue avec l'homme fort local? «Bien sûr, mais tout cela reste entre lui et moi.» Y a-t-il un problème personnel entre McSorley et lui? «Non», tranche-t-il avec vigueur.

Ultime question: va-t-il rejouer cette saison en LNA? Un rire jaune illumine son visage… Chris McSorley ne ferme par la porte à cette perspective. «Il y a des chances qu'il joue ce week-end, mais rien n'est encore décidé à ce stade.» A la bonne heure.

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