02.12.2014 à 16:39

PharmaSclérose en plaques: le Genevois GeNeuro s'allie avec Servier

Le laboratoire de recherche en biotechnologie genevois, basé à Plan-les-Ouates, a conclu un partenariat «stratégique» avec le groupe français pour développer un traitement contre la sclérose en plaques.

Partenariat historique entre la PME genevoise GeNeuro et le groupe français Servier pour développer un traitement contre la sclérose en plaques.

Partenariat historique entre la PME genevoise GeNeuro et le groupe français Servier pour développer un traitement contre la sclérose en plaques.

Photo d'illustration, Keystone

Le groupe pharmaceutique français s'engage à débourser près de 455 millions de dollars (441,70 millions de francs) pour développer et commercialiser un nouveau traitement de la sclérose en plaques avec le groupe pharma genevois GeNeuro.

L'accord porte sur le développement d'un nouvel anticorps (GNbAC1) mis au point par la PME genevoise. Il s'attaque directement aux causes de la sclérose en plaques, ont indiqué ce mardi 2 décembre les deux firmes dans un communiqué commun.

Selon les termes financiers de l'accord, le groupe français fera un premier versement de 47 millions de dollars à GeNeuro pour financer la réalisation des phases suivantes d'essais du médicament.

Servier pourra, ensuite, verser à la société du bout du lac jusqu'à 408 millions de dollars en fonction du développement et de la commercialisation du produit.

Le médicament doit désormais entrer en phases 2b et 3 des tests cliniques. Il a déjà fait preuve de «signes d'efficacité encourageants», lors des premières phases d'essais, il y a deux ans.

Servier aura ensuite une option pour prendre le produit en licence avec les droits pour tous les marchés, sauf les Etats-Unis et le Japon. Si l'option est exercée, la firme hexagonale couvrira les frais de développement du programme de phase 3, dernière étape avant une éventuelle commercialisation.

Traitement prometteur

GeNeuro a découvert que la protéine d'un rétrovirus endogène, qui est normalement silencieuse, est réactivée dès les premiers stades de la sclérose en plaques. Elle déclenche une activité inflammatoire et d'inhibition de la reconstitution de la myéline des fibres nerveuses. L'anticorps GNbAC1 a pour objectif de bloquer cette protéine.

Il s'agit d'un traitement prometteur dans le sens où jusqu'à maintenant les médicaments contre la sclérose en plaques s'attaquaient aux déficiences immunitaires du patient et non directement à la cause de la maladie.

GeNeuro a été fondée, en 2006, par le chercheur français Hervé Perron. La société emploie 16 personnes réparties entre la Suisse et la France.

Servier compte 21'000 salariés. Présente dans 140 pays, la multinationale est surtout connue pour son implication dans le scandale du «Mediator», ce médicament destiné aux diabétiques et qui est considéré comme responsable de la mort de centaines de personnes. En 2013, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros.

(ats)

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