09.10.2015 à 03:19

JusticeSefolosha: «Ils cherchaient une raison pour m'arrêter»

Aue jour de son procès, Sefolosha a à nouveau mis en cause l'usage de la force des policiers lors de son interpellation.

Keystone

Le joueur de NBA Thabo Sefolosha a dénoncé jeudi les conditions de son arrestation lors d'un procès à New York, au moment où une commission municipale concluait à un usage excessif de la force lors de l'interpellation d'un autre sportif noir, James Blake.

L'incident concernant Thabo Sefolosha s'était produit au petit matin le 8 avril, à la sortie d'une boîte de nuit du quartier de Chelsea à Manhattan.

Un autre joueur de la ligue professionnelle nord-américaine, Chris Copeland, venait d'être poignardé lors d'une rixe devant la discothèque.

Rébellion et trouble à l'ordre public

Alors que la police faisait évacuer les lieux, les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation de Thabo Sefolosha et lui auraient, à cette occasion, fracturé le péroné et endommagé les ligaments. La blessure a nécessité une intervention chirurgicale et plusieurs mois d'immobilisation.

Le joueur vaudois, qui est métis, est poursuivi devant un tribunal pénal de Manhattan pour rébellion et trouble à l'ordre public.

Le procureur lui avait proposé de n'effectuer qu'une journée de travaux d'intérêt général et d'éviter un procès s'il acceptait de plaider coupable. Il a refusé, souhaitant prouver son innocence.

La brutalité policière au cœur des tensions

Son procès intervient dans un contexte de polémique récurrente sur la brutalité policière à l'endroit des hommes noirs aux Etats-Unis.

Jeudi, une commission municipale indépendante a estimé que le policier new-yorkais qui avait arrêté et plaqué au sol l'ancien joueur de tennis noir-américain James Blake mi-septembre, le prenant pour un autre, avait fait un usage excessif de la force.

Le chef de la police de New York, Bill Bratton, a précisé qu'il existait une possibilité que James Blake et le policier s'entendent à l'amiable. Faute de quoi, un procès en interne, mais public, aura lieu.

Règles plus strictes pour les agents de police

Début octobre, Bill Bratton a annoncé la mise en place, en janvier, de règles plus strictes concernant l'usage de la force par les policiers.

«Nous voulons répondre aux préoccupations de beaucoup de New-Yorkais qui ont estimé qu'il y avait usage excessif de la force», ce qui les a «éloignés» de leur police, a déclaré jeudi le maire de New York Bill de Blasio lors d'une conférence de presse.

Jamais «désobéi»

Jeudi, Thabo Sefolosha, 31 ans, a réaffirmé n'avoir jamais refusé d'obéir aux injonctions des policiers, contrairement aux témoignages de plusieurs officiers présents ce jour-là.

«J'ai bougé quand ils m'ont demandé de bouger», a-t-il assuré. «Je ne suis pas allé dans le sens opposé. Je ne me suis pas rapproché» de l'entrée de la discothèque, a-t-il insisté. «Ils cherchaient une raison pour m'arrêter», a expliqué le basketteur.

Les policiers l'accusent d'avoir alors tenté de s'opposer physiquement à son interpellation.

«Ils ne m'ont pas donné d'ordre direct»

Lui a affirmé ne pas avoir compris ce qu'il devait faire. «Ils ne m'ont pas donné d'ordre direct», a soutenu l'extérieur des Atlanta Hawks.

Pour l'avocat du joueur, Alex Spiro, les policiers, ce soir-là, se sont rendus coupables «d'exagérations» et ont «tiré des conclusions hâtives», considérant Thabo Sefolosha comme une menace.

«Ils ont pensé qu'il présentait un risque alors qu'en le mettant à terre et en l'interpellant, ce sont eux qui ont créé un risque», a-t-il soutenu.

Ils les a également accusés d'avoir menti devant le tribunal, en affirmant notamment que le joueur s'était opposé physiquement à son interpellation. «Rien de cela n'est visible sur la vidéo» de l'arrestation produite mercredi à l'audience, selon lui.

Les policiers «ont fait leur métier»

Les policiers «ont fait leur métier ce soir-là», lui a répondu la représentante du ministère public, Francesca Bartolomey.

«Leur métier est de répondre à une situation d'urgence et l'accusé le savait», a-t-elle expliqué, lui reprochant de ne pas avoir évacué immédiatement les lieux comme le lui demandaient les policiers.

«Personne n'est au-dessus de la loi dans ce tribunal», a-t-elle fait valoir.

Après trois jours d'audience, le jury a entamé sa délibération jeudi et la poursuivra vendredi, pour aboutir à un verdict. Thabo Sefolosha risque jusqu'à un an de prison.

(AFP)

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