Santé: Seize Suisses ont siroté quatre décis de leur propre sang

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SantéSeize Suisses ont siroté quatre décis de leur propre sang

Une recherche scientifique suisse nommée «l'étude vampire» fait le buzz à cause de son protocole peu ragoûtant.

par
Renaud Michiels
Celui-ci s'en met partout! Il aurait fait un piètre volontaire pour l'«étude vampire»...

Celui-ci s'en met partout! Il aurait fait un piètre volontaire pour l'«étude vampire»...

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Soyons honnêtes: c'est peut-être un tort mais la presse généraliste parle rarement des études médicales portant sur les «MICI», les Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Pourtant de nombreux médias sur la planète se sont emparés d'une étude suisse sur le sujet parue récemment dans le United European Gastroenterology Journal. La raison? Pour mener cette recherche, seize volontaires ont bu de leur propre sang. Et pas qu'un peu: quatre décilitres!

La recherche dit d'ailleurs son nom. Le titre débute par «The Vampire Study»: l'étude vampire. On y lit que seize volontaires sains «ont ingéré leur propre sang». Comment? En le buvant. Ou, pour ceux qui n'avaient pas soif ou étaient un peu dégoûtés, via une sonde naso-gastrique. Et ce à deux reprises: une fois 300 millilitres, une autre 100 millilitres. Soit quatre décilitres en tout. Santé.

Pour améliorer les diagnostics

Mais pourquoi ce sanglant protocole? Les chercheurs voulaient en fait démontrer les limites d'une méthode courante utilisée pour diagnostiquer ces pathologies: la recherche d'une protéine liée à l'inflammation intestinale dans les selles. Or en avalant du sang on trompe ce test. Détecter cette protéine peut donc révéler une pathologie mais aussi un simple saignement gastro-intestinal.

Plus de deux millions de personnes en Europe souffriraient d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin – principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Si avaler un verre de sang permet d'améliorer les diagnostics, ça valait le coup.

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