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Taux plancherSelon Pierre Maudet, Genève va souffrir du franc fort

Le conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge de l'économie du canton, s'inquiète des répercussions de la fin du taux plancher sur l'économie genevoise largement tournée vers les exportations.

Pierre Maudet: «La pression s'accroît sur les marges des entreprises multinationales ou actives à l'étranger dont les revenus sont en large partie en euro ou en devises étrangères et les charges en franc suisse.»

Pierre Maudet: «La pression s'accroît sur les marges des entreprises multinationales ou actives à l'étranger dont les revenus sont en large partie en euro ou en devises étrangères et les charges en franc suisse.»

Keystone

Pierre Maudet est inquiet pour l'économie du canton de Genève.

Qu'il s'agisse du commerce, de la banque, de l'industrie ou des multinationales, la pression sur les marges s'est accrue.

«Avec une économie largement tournée vers les exportations, Genève va, dans les mois à venir, souffrir du renchérissement du franc. Les domaines d'activité les plus dépendants des exportations vers les pays de la zone euro sont directement impactés», a déclaré ce jeudi 30 avril Pierre Maudet dans un entretien accordé à l'ats.

«La pression s'accroît sur les marges des entreprises multinationales ou actives à l'étranger dont les revenus sont en large partie en euro ou en devises étrangères et les charges en franc suisse», relève le conseiller d'Etat. De plus, l'évolution du cours euro/dollar accentue la diminution des marges pour les entreprises multinationales américaines basées à Genève qui se développent sur le marché européen, ajoute Pierre Maudet.

Commerce en berne

L'abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS) touche le commerce de détail, l'hôtellerie, la restauration et le tourisme, selon le conseiller d'Etat libéral-radical, élu au gouvernement genevois en 2012 à 34 ans.

«Le commerce de détail déjà durement touché par le tourisme d'achat devrait ressentir très rapidement des effets avec une baisse de son chiffre d'affaires, plus particulièrement pour les petits commerces», avertit Pierre Maudet.

«Il est à prévoir que les touristes seront moins nombreux (tourisme de loisirs et de congrès) à venir des pays européens, en raison du renchérissement du franc», note également le responsable genevois. L'appréciation du franc met en outre en péril le budget de fonctionnement des organisations internationales basées dans le canton.

Horlogerie moins touchée

Pour l'horlogerie genevoise, «elle s'adresse principalement à une clientèle fortunée et dépend plus de l'évolution politico-économique de certaines régions du monde que de la valeur du franc», relève le conseiller d'Etat. Les baisses de chiffre d'affaires dans certaines régions peuvent être compensées par l'évolution dans d'autres marchés.

En matière de banque et de négoce, la hausse du franc va augmenter considérablement les frais, indique Pierre Maudet. Toutefois le franc ne s'est pas renchéri avec le dollar, qui est la monnaie utilisée pour les transactions dans le domaine du trading. «Au niveau des banques, l'effet du taux négatif a un impact important sur leurs marges», fait encore remarquer le conseiller d'Etat PLR.

Pôles d'excellence

En matière de délocalisations, Pierre Maudet affirme «être en contact avec des sociétés qui étudient des pistes pour réduire leurs coûts», sans plus de détails. A l'inverse, des entreprises continuent de s'installer à Genève, par exemple des sociétés américaines dans le biotech la semaine dernière. Des entreprises japonaises aussi.

«La présence de pôles d'excellence dans les secteurs des sciences de la vie, de la finance et du négoce représente un atout essentiel. De plus, la position centrale de Genève en Europe et son environnement international constituent un avantage certain par rapport à d'autres places économiques», affirme le conseiller d'Etat.

«J'ai rencontré les représentants des différents secteurs de l'économie genevoise. Il ressort de ces entretiens que les impacts sont très différents que ce soit entre domaines d«activités ou au sein d«un même secteur. Les situations sont donc très nuancées et les solutions doivent pouvoir être adaptées en conséquence», conclut Pierre Maudet.

(ats)

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