31.01.2013 à 19:36

Symposium sur l'asileSelon Sommaruga, la Suisse a envoyé des hommes à la mort

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s'est exprimée sur le comportement de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale jeudi à Berne au cours du 5e Symposium suisse sur l'asile.

Simonetta Sommaruga au 5e Symposium suisse sur l'asile, à Berne.

Simonetta Sommaruga au 5e Symposium suisse sur l'asile, à Berne.

Keystone

La conseillère fédérale a exprimé les regrets du Conseil fédéral sur le comportement de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale.

«Des êtres humains ont été repoussés à nos frontières et ainsi précipités vers une mort certaine», a-t-elle déclaré.

Le Conseil fédéral s'est excusé à ce sujet durant les années 1990, a-t-elle rappelé. Le gouvernement «est conscient que de telles erreurs ne sont pas excusables après coup», a néanmoins ajouté la conseillère fédérale.

Critiques

Les organisations juives de Suisse critiquent le discours que le président de la Confédération Ueli Maurer a tenu dimanche dernier lors de la journée de l'holocauste. Elles lui reprochent d'avoir occulté les «faiblesses et erreurs» de la politique suisse durant la seconde guerre mondiale.

Le président de la Confédération a certes évoqué avec raison que la Suisse était un «refuge pour un grand nombre de personnes menacées et pourchassées», écrivaient lundi la Fédération suisse des communautés israélites, la Plateforme des juifs libéraux de Suisse et la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD). Mais il a oublié de parler des «réfugiés qui ont été repoussés vers une mort certaine» et de ceux qui ont été punis pour avoir aidé les réfugiés.

Les organisations déplorent qu'Ueli Maurer ait présenté les choses «de manière simpliste et uniquement positive». Il est «regrettable qu'il n'ait pas jugé utile d'approfondir la remise en question critique et indispensable de la Suisse avec son propre passé», alors que l'ancien président de la Confédération Kaspar Villiger avait présenté en 1995 ses excuses pour la politique suisse à l'égard des réfugiés.

«Cynisme»

L'historien Hans-Ulrich Jost, interrogé dimanche dernier par la RTS, avait qualifié de «graves» et «cyniques» les propos d'Ueli Maurer. Le conseiller fédéral «essaie d'escamoter une partie de notre histoire» relative à un sujet «très délicat», avait déclaré le professeur honoraire de l'Université de Lausanne. Et de rappeler qu'entre 1933 et 1944, les juifs n'avaient pas le droit à l'asile et étaient considérés comme des réfugiés non politiques.

Des documents diplomatiques révélés dimanche dernier au téléjournal de la chaîne alémanique SRF montrent que le Conseil fédéral avait connaissance en 1942 déjà des crimes nazis. Le gouvernement avait malgré tout décidé, en août 1942, que des renvois en masse de réfugiés étrangers civils devaient avoir lieu, même s'ils pouvaient mettre leur vie en danger.

(ats)

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