Selon une ONG, les heurts ont fait une centaine de morts en Iran

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IranSelon une ONG, les heurts ont fait une centaine de morts

En Iran, les violences qui ont succédé à la mort d’une jeune femme, après son arrestation pour ne pas avoir porté le voile, n’ont rien perdu en intensité en deux semaines. Le bilan s’alourdit.

Dans le monde entier (ici à Los Angeles), des manifestations en soutien aux Iraniennes et en mémoire de Mahsa Amini, décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs, ont eu lieu depuis plusieurs jours.

Dans le monde entier (ici à Los Angeles), des manifestations en soutien aux Iraniennes et en mémoire de Mahsa Amini, décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs, ont eu lieu depuis plusieurs jours.

REUTERS

En Iran, au moins 92 personnes ont été tuées par la répression des manifestations qui ont éclaté il y a deux semaines, après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs, a indiqué, dimanche, l’ONG Iran Human Rights (IHR). Par ailleurs, 41 autres personnes ont péri lors d’affrontements, vendredi dans le sud-est de l’Iran, dans une région frontalière de l’Afghanistan et du Pakistan, a ajouté l’ONG citant des sources locales, sans qu’il soit possible de savoir dans quelle mesure ces violences sont liées à la mort de Mahsa Amini.

Les manifestations en Iran, les plus importantes depuis 2019, ont été déclenchées par le décès, le 16 septembre, de cette Kurde iranienne de 22 ans, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique, qui oblige notamment les femmes à porter le voile. Des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes, qui brûlent des foulards en signe de protestation, ont depuis eu lieu dans le monde entier, notamment samedi, dans plus de 150 villes.

Au moins 92 manifestants ont donc été tués en Iran depuis le début du mouvement, selon l’IHR, dont un précédent bilan faisait état de 83 morts. L’ONG basée à Oslo s’efforce d’évaluer le nombre de morts malgré les coupures d’internet ainsi que les blocages d’applications comme WhatsApp ou Instagram et d’autres services en ligne en Iran.

Adolescente violée par un policier?

Téhéran est également confronté à des troubles dans le sud-est du pays, où cinq membres des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, ont été tués lors de violences, vendredi, à Zahedan, capitale de la province du Sistan-Baloutchistan. Cette province frappée par la pauvreté a souvent été le théâtre d’affrontements avec des rebelles de la minorité baloutche, des groupes extrémistes musulmans sunnites et des gangs de trafiquants de drogue.

Mais un prédicateur musulman sunnite, Molavi Abdol Hamid, a déclaré que la communauté était «enflammée» après le viol présumé d’une adolescente de 15 ans par un responsable de la police dans la province, dans un message publié sur le site internet du religieux, la semaine dernière.

Téhéran accuse Washington

L’IHR a accusé les forces de sécurité iraniennes d’avoir «réprimé dans le sang» une manifestation, vendredi, après les prières à Zahedan, à la suite de ces accusations. «Les meurtres de manifestants en Iran, notamment à Zahedan, constituent un crime contre l’humanité», a déclaré le directeur de l’IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam: «La communauté internationale a le devoir d’enquêter et d’empêcher que d’autres crimes ne soient commis par la République islamique.»

L’Iran a imputé la responsabilité des manifestations dans le pays à des forces extérieures, notamment à son ennemi juré, les États-Unis, ainsi qu’aux alliés occidentaux de Washington. Le ministère iranien du Renseignement a déclaré, vendredi, que neuf ressortissants étrangers – notamment de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas et de Pologne – avaient été arrêtés en lien avec les manifestations, ainsi que 256 membres de groupes d’opposition illégaux aux yeux de Téhéran. Par ailleurs, plus de 1200 manifestants ont été arrêtés depuis le début des protestations, d’après un bilan officiel. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été interpellés, selon des ONG.

Libération contre des fonds?

(AFP)

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