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FootballSenderos: «La Suisse ne peut exister qu'en équipe»

En sa qualité de plus ancien sélectionné, Philippe Senderos parle de son rôle de leader, de sa relation avec Ottmar Hitzfeld et, bien sûr, du défi argentin.

par
Mathieu Aeschmann
Philippe Senderos veut affirmer son rôle de leader.

Philippe Senderos veut affirmer son rôle de leader.

Michel Perret

Philippe Senderos, on commence par prendre des nouvelles de votre santé. Etes-vous totalement remis?

Le petit souci aux abducteurs que j'ai contracté il y a trois semaines est aujourd'hui guéri. Et, même si je n'ai pas joué samedi contre QPR, je suis de retour à 100% de mes possibilités.

Vous sortez d'un bel hiver avec Fulham. Avez-vous le sentiment d'avoir retrouvé une constance à haut niveau?

J'ai en effet eu l'opportunité d'enchaîner beaucoup de parties d'affilée. Du coup, je me sens très bien dans l'équipe et comme, en plus, on a aligné quelques belles performances, le moral est au beau fixe.

Vous êtes avec Reto Ziegler le sélectionné le plus expérimenté (première sélection le 26 mars 2005 à Paris). Est-ce qu'avec cette expérience vous revendiquez, ou au moins assumez, un rôle de meneur?

On peut dire cela, oui. Vous savez, j'ai toujours été à l'aise avec l'idée du leadership. J'aime communiquer, je parle volontiers sur un terrain ou dans un vestiaire. C'est en réalité quelque chose d'assez naturel pour moi de par ma position sur le terrain et la vision globale du jeu qu'elle m'apporte. Ensuite, mon statut d'ancien renforce forcément cette volonté d'assumer des responsabilités. Car je crois qu'en équipe nationale il est capital qu'un groupe de 4-5 joueurs d'expérience montre la voie à suivre.

On connaît le leader Senderos en match. Mais comment communique-t-il hors du terrain?

Déjà j'aime bien démontrer par l'exemple, c'est la base de tout. Ensuite, il est important de veiller à ce que l'équipe respecte certaines règles de vie commune. Avec les Ziegler, Inler, Barnetta, Lichtsteiner ou Benaglio, notre rôle est de les faire respecter. A ce titre, je dois dire que la jeune génération s'est très bien intégrée. Le coach veut une certaine discipline dans l'équipe, et il est normal qu'il s'appuie sur un groupe de joueurs pour la mettre en place. Car l'équipe de Suisse doit absolument voir tous ses sélectionnés tirer à la même corde pour retrouver le succès.

Comment avez-vous vécu le changement de génération qui a marqué 2011?

La mentalité des jeunes qui ont rejoint l'équipe l'année dernière me donne envie de m'impliquer. Ils veulent sans cesse aller vers l'avant, créer du jeu. Notre performance de Wembley doit, par exemple, servir de repère dans ce que nous souhaitons construire. La façon dont, ce jour-là, chacun a su prendre ses responsabilités à l'extérieur doit rester dans notre esprit. En y ajoutant les enseignements de la défaite de Swansea, je suis persuadé que l'équipe de Suisse saura retrouver les grands tournois dans les années à venir.

Même lorsque vous étiez blessé, Ottmar Hitzfeld vous a toujours considéré comme un cadre indiscutable. Avez-vous des rapports privilégiés avec lui?

Je parle avec lui assez régulièrement. Il y a en effet une certaine proximité. Nous nous envoyons des SMS, on échange également par téléphone. Ce lien fut très important lorsque je vivais une période plus difficile. Sentir le soutien de l'équipe nationale dans ces moments-là représente un vrai réconfort. A moi maintenant d'alimenter ce rapport privilégié et de lui rendre sa confiance par mes performances sur le terrain.

Le terrain justement, mercredi ce sera l'Argentine avec Messi et Agüero dans votre zone. Vous avez rencontré ce dernier en championnat, comment défend-on contre lui?

Contre Agüero, Messi ou Di Maria, le premier impératif s'appelle la concentration. Ensuite, il n'y a pas de secret: il faut défendre en équipe. Il faudra absolument se présenter de manière très compacte, avec une couverture mutuelle, pour éviter qu'un de ces artistes ne fasse la différence individuellement. De toute façon, la Suisse ne brillera jamais par ses individualités. Seule notre faculté à évoluer en équipe peut nous ramener vers le succès.

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