Corée du Sud: Séoul va reprendre sa propagande

Publié

Corée du SudSéoul va reprendre sa propagande

Les haut-parleurs à la frontière avec la Corée du Nord vont reprendre du service, après que Pyongyang a annoncé avoir procédé à un essai nucléaire, mercredi.

La tension est montée entre les deux Corées, après l'essai nucléaire du Nord.

La tension est montée entre les deux Corées, après l'essai nucléaire du Nord.

Keystone

La Corée du Sud a annoncé jeudi qu'elle reprendrait sa campagne de propagande à la frontière avec la Corée du Nord, comme elle l'avait déjà fait en août. Cela avait alors suscité les menaces de représailles militaires de Pyongyang.

La décision de faire reprendre du service aux puissants haut-parleurs situés à la frontière fortement militarisée entre les deux pays fait suite au quatrième essai nucléaire de Pyongyang, a déclaré un porte-parole de la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne.

«Le quatrième essai nucléaire du Nord est une violation gratuite de ses obligations internationales (...) et une grave violation de l'accord intercoréen du 25 août», a-t-il ajouté. «Le gouvernement sud-coréen a donc décidé de reprendre ses diffusions à la frontière avec le Nord à partir de midi» vendredi.

«Episode anormal»

L'accord conclu fin août entre les deux Etats rivaux avait permis de mettre fin à une escalade dangereuse qui menaçait de dégénérer en conflit armée.

Les armées des deux Etats avaient été placées pendant plusieurs jours en état d'alerte maximum. L'artillerie lourde nord-coréenne avait été déployée à la frontière tandis que des avions de chasse sud-coréens et américains menaient des exercices de simulation de bombardements.

Aux termes de l'accord, la Corée du Sud s'était engagée à faire taire ses haut-parleurs après que le Nord eut exprimé des regrets pour l'explosion d'une mine antipersonnel à la frontière au début du mois d'août, qui avait mutilé deux soldats sud-coréens.

Le texte sur lequel s'étaient accordées les deux parties stipulait que ces engins resteraient silencieux «à moins que ne survienne un épisode anormal». Le gouvernement sud-coréen a probablement jugé que l'essai nucléaire de mercredi entrait dans le cadre de l'anormalité.

Pays techniquement en conflit

La Corée du Nord a annoncé avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, ce qui lui a valu les condamnations de la communauté internationale assorties de la menace d'un alourdissement des sanctions pesant déjà sur Pyongyang.

Techniquement, les deux Corées sont en conflit, car la guerre de Corée (1950-1953) a pris fin avec un simple cessez-le-feu, qui n'a jamais été formalisé par un traité de paix en bonne et due forme.

Pas de radioactivité détectée

Le Japon a annoncé jeudi n'avoir constaté aucun changement dans le niveau de radioactivité au-dessus de son territoire après l'annonce mercredi d'un essai de bombe à hydrogène par la Corée du Nord. Les Japonais s'inquiètent d'un risque de contamination radioactive à chaque essai nucléaire souterrain mené par la Corée du Nord, bien que trois précédents essais n'aient jamais conduit à constater une hausse de la radioactivité.

Le Japon est particulièrement concerné du fait de l'orientation des vents dominants, qui soufflent de la péninsule coréenne vers l'archipel et également en raison des lancements par la Corée du Nord de missiles balistiques dans le Pacifique.

Par ailleurs, quelque 300 postes de surveillance de la radioactivité installés à travers le pays n'ont enregistré aucun changement notable entre mercredi après-midi et jeudi matin à 8 heures (23 heures GMT mercredi), a précisé la NRA.

(ats)

Ton opinion