Moyen-Orient: Sept Français de l'EI en Irak condamnés à mort

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Moyen-OrientSept Français de l'EI en Irak condamnés à mort

Sept Français qui ne pouvaient être jugés en Syrie ont été condamnés à mort par une cour de Bagdad depuis lundi.

La cour pénale d'Al-Karkh à Bagdad. (29 mai 2019)

La cour pénale d'Al-Karkh à Bagdad. (29 mai 2019)

AFP

Sept Français ont été condamnés à mort en quatre jours à Bagdad pour avoir rejoint l'EI. Ils avaient été transférés à la fin janvier en Irak, car ils ne peuvent être jugés en Syrie, les forces kurdes anti-EI n'étant pas un Etat et Paris n'ayant pas de relations diplomatiques avec Damas. Depuis 2018, l'Irak a condamné plus de 500 étrangers de l'Etat islamique (EI), mais aucun de ceux ayant écopé de la peine capitale n'a jusqu'ici été exécuté.

Le dernier Français, jugé mercredi, a expliqué avoir «participé aux combats» en Syrie et avoir fait allégeance au «calife» autoproclamé de l'EI. L'homme de 29 ans a été condamné à la peine capitale avec un Tunisien, parti en 2014 à 20 ans rejoindre la Syrie en guerre.

Comme les six autres Français condamnés à mort avant eux par la cour pénale d'Al-Karkh à Bagdad, tous les deux sont restés impassibles à l'annonce du verdict, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Procès dénoncés

Au total, onze Français et un Tunisien sont jugés depuis dimanche devant cette cour, après s'être rendus, en 2017 et 2018, aux forces kurdes syriennes. Ces nouveaux verdicts relancent le débat sur l'épineuse question des djihadistes étrangers, dont le retour dans leur pays d'origine suscite un vif rejet dans l'opinion publique en Europe.

Les défenseurs des droits de l'homme dénoncent «de vrais risques de torture» et «aucune garantie pour des procès équitables» en Irak, 12e pays le plus corrompu au monde selon l'ONG Transparency International. Ils estiment par ailleurs que ces procès ne rendent pas justice aux victimes des exactions de l'EI.

(ats)

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