14.10.2020 à 11:12

NASASept pays signent un texte cadrant l’exploration lunaire

L’Australie, le Canada, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, les Emirats arabes unis et Royaume-Uni ont signé les «accords d’Artémis», qui cadrent jurdiquement l’expoloration de l’astre.

Ni la Chine (ici avec son robot Chang'e-4, ni la Russie n’ont ratifié ces accords. 

Ni la Chine (ici avec son robot Chang'e-4, ni la Russie n’ont ratifié ces accords.

KEYSTONE

La Nasa a annoncé mardi que sept pays avaient signé ses «accords d’Artémis», un texte qui veut encadrer juridiquement la nouvelle vague d’exploration de la Lune et d’autres astres et autoriser la création de «zones de sécurité». Mais de grandes puissances spatiales rivales n’en font pas partie.

Les pays signataires sont: Australie, Canada, Italie, Japon, Luxembourg, Emirats arabes unis, Royaume-Uni. Ni la Chine, ni la Russie n’en font partie à ce jour, faisant craindre l’émergence d’un «Far West» dans l’espace, puisque le grand traité international régissant l’espace, datant de 1967, reste vague sur la question de l’exploitation des ressources extraterrestre.

La Nasa est pressée d’imposer un précédent en façonnant un régime juridique autorisant explicitement les entreprises privées à opérer sur d’autres astres, de façon protégée. Le chef de l’agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a estimé lundi que le programme Artémis de retour sur la Lune était trop «américano-centrique».

Deux astronautes américains, dont une femme, doivent marcher sur la Lune en 2024 lors de la mission Artémis 3, et la Nasa veut associer d’autres pays à la construction de la mini-station qui sera assemblée en orbite lunaire à partir de 2023.

Programme le plus divers de l’histoire

«Artémis sera le programme international d’exploration habitée le plus large et le plus divers de l’histoire, et les accords d’Artémis seront le véhicule pour établir cette coalition mondiale singulière», a déclaré Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa.

Les accords énumèrent dix principes, tels que la transparence des activités, l’interopérabilité des systèmes nationaux, l’obligation de cataloguer tout objet spatial, l’assistance à un astronaute en danger, le partage des données scientifiques et la bonne gestion des débris spatiaux.

«Zones de sécurité»

Mais le texte devient plus controversé en prévoyant la possibilité de créer des «zones de sécurité» par les pays pour protéger leurs activités sur un corps céleste, par exemple l’extraction de ressources, comme de l’eau au pôle sud de la Lune.

Le traité de 1967 interdit toute «appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation, ni par aucun autre moyen».

Mais la Nasa se fonde sur un autre article du traité qui proscrit toute activité qui «causerait une gêne potentiellement nuisible» pour justifier de la création de ces zones de sécurité, tout en réaffirmant la primauté du traité de l’espace.

(ATS/NXP)

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