Football - Servette-Chênois, reconstruire pour durer au sommet
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FootballServette-Chênois, reconstruire pour durer au sommet

En signant au Bétis Séville, Gaëlle Thalmann a fait part de sa sensation de ne plus progresser avec les championnes de Suisse en titre. Sans polémique, le directeur sportif grenat Richard Feuz répond.

par
Florian Vaney
Richard Feuz

Richard Feuz

Eric Lafargue

Richard Feuz éteint le feu d’entrée. «On s’est encore envoyé des messages avec Gaëlle entre hier soir et ce matin. Tout va bien.» Quelques heures plus tôt, Gaëlle Thalmann avait évoqué pour Blick son impression de ne plus progresser à Servette-Chênois, après avoir fêté un titre historique de championne de Suisse, la saison dernière. D’où son souhait, exaucé, de partir voir autre chose (elle vient de signer pour deux saisons au Bétis Séville).

«Le staff est pro, et largement fourni en comparaison suisse. Cela dit, les entraînements spécifiques ne correspondaient pas à ce dont j’avais besoin. Je cherchais une meilleure qualité et une intensité plus élevée.» Voilà les mots de la gardienne de l’équipe de Suisse. Pas nécessairement une attaque, donc, même si chacun peut interpréter le message comme il l’entend.

«Si on se trompait, si on n’était pas sérieux, est-ce que Inês Pereira, la gardienne de l’équipe du Portugal, nous aurait rejoints?»

Richard Feuz, directeur sportif de Servette-Chênois.

Le directeur sportif de Servette-Chênois n’y décèle aucun ressentiment. «On peut jouer pour la meilleure équipe du monde et avoir le sentiment de stagner. C’est normal, humain, on ne le contrôle pas forcément. Si Gaëlle avait cette impression chez nous, aucun problème. On s’est quitté en de bons termes. Nous ne souhaitions pas renouveler son contrat et elle voulait vivre une nouvelle expérience. Et pour vous dire, je suis à moitié Andalou. Je sais où elle met les pieds et j’en suis très content pour elle.»

La question suivante, c’est donc de savoir si le club grenat a besoin d’une profonde remise en question s’il entend continuer à grimper dans l’escalier du succès. «Je crois qu’on n’a jamais fait preuve d’arrogance. On sait où on se trouve, on progresse pas à pas. C’est le mot d’ordre depuis le début. Maintenant, si on se trompait, si on n’était pas sérieux, est-ce que Inês Pereira, la gardienne de l’équipe du Portugal, ou Jade Boho, qui compte près de 300 matches en Liga, nous auraient rejoints? Sûrement pas», continue Richard Feuz.

Eric Sévérac à 100%

Tout dernièrement, Servette-Chênois a franchi une nouvelle marche capitale dans sa professionnalisation. Son entraîneur, Eric Sévérac, peut se préoccuper à 100% de son rôle de manager. Au même titre que Jérémy Faug-Porret, son assistant et préparateur physique de l’équipe, dont c’était déjà le cas. La structure se solidifie. Une nécessité pour une équipe désireuse de s’installer durablement au sommet. «On fonctionne comme peu de clubs en Europe. Chaque personne qui œuvre dans notre secteur administratif et opérationnel travaille autant pour les hommes que pour les femmes. On reste évidemment loin de la parité au niveau des moyens de chaque équipe, de par les droits TV, les sponsors, etc… Mais il s’agit déjà d’un pas important.»

D’ici deux semaines, tout repartira pourtant d’une feuille blanche, avec les trois coups de la nouvelle saison. L’idée d’un doublé est la seule qui comblerait vraiment l’appétit grenat. «On fonctionne par cycle de deux ans», tempère Richard Feuz, comme pour mieux mettre en exergue la conséquente reconstruction de cet été.

Huit départs (dont ceux des exemplaires Maeva Sarrasin, Gaëlle Thalmann et Caroline Abbé), sept arrivées, le lancement d’une équipe M19 qui jouera le rôle de dernier tremplin avant une potentielle accession parmi la formation de Super League. Le tout accompagné d’une refonte du championnat de première division, avec l’arrivée de play-off qui modifieront forcément la donne. L’expérience d’un titre ne protégera pas les Genevoises de la menace et ne les dispensera certainement pas de travailler plus et mieux que les autres.

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