Football - Servette: dépendance et choix des matches
Publié

FootballServette: dépendance et choix des matches

Sans ses meilleurs éléments, qu’il devra un jour remplacer, le SFC ne fait pas peur. Dimanche, Bâle l’a sévèrement recadré (5-0).

par
Florian Vaney
Sport-Center

Alain Geiger a quitté la pelouse de Saint-Jacques sans un mot, en colère et sans revenir face à la presse dimanche. On peut forcément voir en cette réaction le choc survenu d'une claque à laquelle Servette et son coach ne sont pas habitués. Logique. Mais on peut aussi y lire une forme de trahison, comme si le Valaisan s'était senti lâché par ses hommes. Ses jeunes, à qui il n'accorde pas souvent sa confiance et qui ont été rattrapés par l'enjeu à Bâle. Ses anciens, qui n'ont ni joué le rôle de grands frères, ni fait valoir leur savoir.

La réalité, c'est que peu importe l'âge ou le poste, chacun a commis des erreurs bien trop grossières pour faire apparaître un début de sourire sur le visage d'Alain Geiger. Une surprise? Non, Servette était destiné à souffrir après s'être épuisé pour gagner son ticket pour les demi-finales de la Coupe. On ne l'attendait pas aussi à la peine, mais avec un onze remanié de la sorte, les ennuis lui étaient promis. Par contre, ce revers fait resurgir des questionnements et des doutes, inévitablement.

Des jeunes pas encore prêts?

Il pousse au centre des préoccupations le grand débat du Servette FC et de ses jeunes. À savoir: ceux-ci ne jouent pas davantage parce qu'ils ne sont pas prêts, ou ne sont-ils pas prêts parce qu'ils ne jouent pas davantage? Alain Geiger semble plutôt de la première école, une frange des suiveurs grenat de la seconde. En observant Nicolas Vouilloz passer à côté de son rendez-vous ou Boubacar Fofana gâcher les ballons importants dont il a hérités, chacun a largement de quoi apporter de l'eau à son moulin.

Mais le questionnement va plus loin et met en évidence les lacunes reconnues des Genevois lorsqu'on sort du cadre des treize ou quatorze joueurs majeurs de l'effectif. Paradoxalement, la réflexion a presque atteint son paroxysme lors des deux rencontres de Coupe de Suisse, supposées être plus faciles. Elles ne l'étaient pas, et dans cette adversité-là, on a pu mieux que jamais observer où se situent les moteurs grenat: au milieu avec Timothé Cognat, sur l'aile droite avec Miroslav Stevanovic. Rien de nouveau, mais l'évidence frappe parfois quand on l’attend le moins.

Trop d’éléments irremplaçables, pour l’instant

Ces deux hommes ne sont pas indispensables sur un match, mais sur la durée assurément. Tout comme le sont Steve Rouiller, Jérémy Frick ou Grejohn Kyei, par exemple. Et derrière, il y a la difficulté de s'adapter, de se réinventer lorsque l'un, l'autre ou plusieurs à la fois manquent à l'appel comme dimanche. Servette a voulu jouer le coup à fond en Coupe? Réjouissons-en nous. Mais il y a un prix à payer, parce qu'on ne joue pas au football avec des robots.

Y aurait-il fallu éviter de se passer de Stevanovic, Cognat et Rouiller en même temps? Probablement, sachant que Gaël Clichy, qu'on devine testé positif au Covid durant la semaine, ne se trouvait pas sur la feuille de match. Mais cela vaut uniquement dans le cas où ceux-ci étaient bien aptes à tenir une heure ou nonante minutes face à un Bâle qui redevient plus menaçant depuis le départ de Ciriaco Sforza. Et au fond, le calcul peut se défendre. Servette a fait l'impasse sur un match, un seul, et sera d'attaque pour le derby du Rhône de jeudi. Pourquoi pas.

Reste qu'à moyen terme, la problématique demeure. Un jour qui arrivera forcément plus tôt que souhaité, Timothé Cognat ou Miroslav Stevanovic ne seront plus grenat. Cela concernera aussi Vincent Sasso ou Alex Schalk. Et les autres. Une génération de joueurs en train de faire monter le Servette FC très haut. Que la tendance soit au remplacement des partants ou à la solidification du contingent, l'été sera plus décisif que jamais dans les coulisses du Stade de Genève. D'ici-là, attraper un billet pour jouer l'Europe la saison prochaine aiderait à faciliter certaines discussions d'avenir.

Retrouvez le compte-rendu de cette rencontre ici.

Votre opinion