02.12.2019 à 08:27

Servette, des intentions plus que louables

Football

Dans des conditions difficiles, la série victorieuse des Genevois s’est interrompue à Lugano dimanche. Défaite 1-0 à la clé.

par
Florian Vaney, Lugano

On peut reprocher certaines choses au Servette FC. Son écart de concentration coupable sur la seule réussite du match (48e), le fait d’avoir attendu le dernier quart d’heure pour véritablement se jeter corps et âme vers l’avant, sa maladresse dans l’ultime geste, peut-être même sa volonté de garder le ballon au sol et de ne jamais s’être résolu à balancer sur la pelouse inondée de Lugano. Des pistes d’amélioration, qui auraient sans doute mené à un meilleur résultat, il en existe, c’est indéniable. Et le simple fait d’avoir perdu au Tessin, un duel «à sa portée» (avec tous les guillemets que cela requiert), doit amener à y réfléchir. Reste que les Genevois ne se sont pas trahis dimanche. Mieux, ils ont joué pour gagner. Un peu plus sur la fin qu’en début de match, c’est vrai, mais la volonté était clairement là. Est-ce que ça a la même valeur qu’un ou trois points? Sur le court terme, non. Lugano est revenu à deux longueurs, l’écart avec la barre n’augmente pas, l’opération ne peut pas être considérée comme bonne. Sur un plan plus global, par contre, il convient déjà un peu plus de se réjouir.

Parce que l’époque où Servette se cherchait, tâtonnait de match en match, n’est encore pas si lointaine. Il y a eu ce début de championnat abouti alimenté par l’euphorie de la promotion, bien sûr, mais la suite s’est avérée nettement moins glamour. Il a fallu adapter ce style qui lui a valu tant de louanges en Challenge League à l’étage supérieur, intégrer les renforts, récupérer tous les joueurs à leur plein potentiel pour trouver ce onze qui doit tirer l’équipe vers l’avant. Et cette phase-là, il faut s’en souvenir, a été laborieuse.

Pour s’en persuader, il suffit de se replonger dans le match aller et la réception de Lugano à la Praille. Une demi-occasion de but, nonante minutes passées à défendre ou à faire circuler le ballon sans vie, trop peu d’automatismes. Le comble? La troupe d’Alain Geiger, ce soir de fin septembre, avait arraché un point, un peu par miracle. Dimanche au Cornaredo, il n’y a pas eu la moindre récompense au terme de la bataille. Mais s’arrêter à ce froid constat comptable serait terriblement incomplet. Parce que le contenu proposé par les Servettiens ce week-end se veut mille fois supérieur à celui du match aller.

Dans sa position, le SFC n’est pas contraint et forcé de s’en tenir au résultat pour évaluer la qualité d’une performance. Les places européennes semblent confisquées par le trio Young Boys - Bâle - Saint-Gall et les deux derniers rangs restent à une distance très confortable. Les Genevois ont donc tout le loisir de conquérir certitude après certitude, comme ils le font très bien depuis des mois, sans tout remettre en question à la moindre contre-performance. Parce que se morfondre après un revers aléatoire au milieu des gouilles du Cornaredo ne pourrait pas être plus contre-productif. Surtout après ce mois de novembre au bilan immaculé (trois matches, neuf points).

Par essence, une progression comme celle de Servette ne peut pas être linéaire. Elle fluctue. Elle est influencée, aussi, par la réussite. Un match correct sans baraka (Alex Schalk et Miroslav Stevanovic ont notamment touché les montants dimanche) après deux performances grandioses où tout a tourné dans le bon sens ne veut pas dire que les Grenat régressent. Pour mieux juger du niveau actuel du néo-promu, il faut juste faire un bond de deux ou trois mois dans le passé. Un fossé sépare déjà ces deux réalités.

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